Un editeur et son siecle : pierre-jules hetzel, 1814-1886 : [colloque, nantes, 9-11 mai 1986] PDF

Le Festin de Pierre est une un editeur et son siecle : pierre-jules hetzel, 1814-1886 : [colloque, nantes, 9-11 mai 1986] PDF de Molière en cinq actes et en prose dont la  Troupe de Monsieur frère unique du roi  donna quinze représentations triomphales en février et mars 1665 sur le théâtre de la grande salle du Palais-Royal à Paris. Elle donne à suivre les trente-six dernières heures de la vie du jeune Dom Juan Tenorio,  esprit fort  et grand amateur de femmes, flanqué tout au long des cinq actes de Sganarelle, valet couard, glouton et friand de disputes intellectuelles. Provocateur impénitent, Dom Juan n’échappera pas à la vengeance du Ciel, qui le châtiera par le bras d’une statue de pierre. Le spectacle, où se mêlent tous les registres, du comique farcesque au sérieux, voire au tragique, est accueilli avec enthousiasme par le public parisien, mais fait l’objet d’une violente attaque dans les semaines qui suivent les représentations.


Il ne sera jamais repris du vivant de Molière et le texte n’en sera imprimé que dix ans après sa mort. Molière avaient commandée à Thomas Corneille en 1676, la pièce fut peu représentée pendant un siècle encore, jusqu’à ce qu’en 1947 et 1953, Louis Jouvet puis Jean Vilar la fassent redécouvrir au grand public. Des amendements au lendemain de la première ? Page de départ du Burlador de Sevilla, de Tirso de Molina, dans une édition des années 1640. Le 12 mai 1664, à Versailles, Molière présente devant la cour une première version, en trois actes, du Tartuffe.

La première version dramatique de l’histoire, sans doute très ancienne, du débauché châtié par une statue de pierre qu’il avait invitée à dîner est la comedia de Tirso de Molina intitulée El Burlador de Sevilla y comvidado de piedra. Très tôt combattue par les critiques italiens Arturo Farinelli et Benedetto Croce, cette hypothèse est encore généralement validée par les commentateurs français. Dorimond de  modèle parfait vertu , en qui  cette pièce étrangère  ne pouvait  trouver une plus heureuse protection . L’épître est suivie de six pièces liminaires, dont l’une, signée  M. Page de titre du Festin de Pierre de Villiers, 1660. La pièce de Villiers est créée durant l’été 1659, dans un Paris que la Cour a déserté depuis deux mois, partie à Saint-Jean-de-Luz célébrer les noces de Louis XIV et de sa cousine Marie-Thérèse.

Pour ses méfaits dessous la terre. Rien n’indique que le Festin de Villiers ait été repris entre 1660 et 1665. Les libraires, en tout cas, ne l’ont pas fait réimprimer. Comment expliquer le choix de ce sujet, certes populaire, mais peu dans la manière de son auteur ? Pourquoi a-t-il donné lieu à une comédie à grand spectacle ? Rien de tel avec Le Festin de Pierre.

Molière ne se défendra pas et ses partisans se contenteront de plaider l’innocence et l’ honnêteté , mais non la moralité. Pour les Français de 1665, Don Juan n’est pas encore le personnage mythique qu’il deviendra à l’époque romantique, mais le héros d’une légende apologétique que le public parisien a découverte dans la version comique que la troupe italienne en a donnée sept ans plus tôt sur la scène du Petit-Bourbon. Molière a saisi l’occasion d’accorder un héros d’origine étrangère aux intérêts et aux goûts de la partie mondaine de son public. Dans l’avis au lecteur en tête de sa pièce, en 1659, Villiers souligne que ses compagnons de la Troupe royale  se sont infatués de ce titre du Festin de Pierre ou le Fils criminel, après avoir vu tout Paris courir à la foule pour en voir la représentation qu’en ont faite les comédiens italiens . En faisant imprimer sa propre adaptation en janvier de la même année, Dorimond a déjà choisi ce titre. Tout semble donc désigner les comédiens italiens comme les premiers fautifs. Ce titre drolatique et sibyllin, Dorimond puis Villiers ont cru le justifier en nommant Dom Pierre le commandeur père d’Amarille, leur héroïne, agressée par Dom Juan au début de la pièce.

Molière n’a pas pris ce soin. Une chose est certaine : jamais du vivant de Molière et avant la première publication de sa pièce en 1682, aucun auteur ne l’a citée ou évoquée sous le titre de Dom Juan, et il faudra attendre Goldoni, en 1736, pour voir un auteur étranger adapter la légende sous le titre de Don Giovanni. Celui de Molière traite par le mépris les  remontrances  paternelles, il va jusqu’à souhaiter la mort du vieil homme, mais loin de le tuer, il lui fait  jeter des larmes de joie , au cinquième acte, en lui annonçant sa prétendue conversion. Marché passé le 3 décembre 1664, au domicile de Molière, entre les comédiens de la Troupe de Monsieur et deux peintres spécialisés, pour la réalisation des décors du Festin de Pierre. Arrivé en ville après avoir abandonné Done Elvire, qu’il avait fait sortir d’un couvent pour l’épouser, Dom Juan Tenorio aperçoit une jeune fille à la veille de se marier et projette de l’enlever tandis qu’elle fera avec son fiancé une promenade en mer. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu’on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d’en donner à droite et à gauche, partout où l’on se trouve ?

Traité du tabac de Johann Neander. Comme l’éloge prononcé par Sganarelle, le livre s’ouvre sur la référence à Aristote ! La harangue burlesque de Sganarelle, sans rapport apparent avec les différents thèmes abordés dans la pièce, a donné lieu à de nombreux commentaires. Pléiade font des rapprochements avec la philosophie de Lucrèce :  États d’âme, vertus, fonctionnement de la société même, trouvent leur origine dans les effets d’une substance.

Au terme de son éloge du tabac, Sganarelle revient à l’entretien qu’il avait avec Gusman, écuyer de Done Elvire, dont la maîtresse s’inquiète du départ précipité de son époux. Il lui brosse, avec quelque forfanterie, un terrifiant portrait de Dom Juan en mécréant volage et cynique. Gusman sort, laissant la place à Dom Juan. Celui-ci s’entretient avec Sganarelle du mariage et de l’inconstance amoureuse, avant de lui exposer son projet d’enlèvement d’une jeune fiancée. Charlotte, sa promise, comment il vient de sauver du naufrage Dom Juan et Sganarelle. S’ensuit entre eux une scène de dépit amoureux.

Dom Juan et Sganarelle survenant, Pierrot sort pour aller  boire chopine . Dom Juan s’extasie devant la beauté de Charlotte et convainc la jeune fille de l’accepter pour époux. Sganarelle habillé en médecin, cheminent en causant médecine et religion. Avisant un homme en haillons, ils lui demandent leur chemin. Dom Juan tente en vain de le faire blasphémer. Puis il porte secours à un gentilhomme assailli par trois brigands et qui s’avère être Dom Carlos, frère de Done Elvire.