Trop de gestion tue le social PDF

Travailler mieux pour vivre mieux ! Pour ce qui est du travail trop de gestion tue le social PDF dimanche payé double, je suis pour. Non au travail le dimanche !


Les idées néolibérales progressent aujourd’hui par le social. N’ayant plus les moyens économiques de notre modèle historique, il nous faudrait impérativement réduire la voilure, rationaliser le système, nous ouvrir à la concurrence et au marché. Autrement dit, déréguler ce qui peut l’être, améliorer la gouvernance à grand renfort de consultants, renforcer le contrôle des opérateurs et professionnels sur fonds publics et renvoyer le reste au gré à gré ou au caritatif. Exit les idéaux de solidarité nationale, d’émancipation ou d’éducation, le social entre à son tour dans le monde des affaires. Il en est ainsi du côté de l’aide à domicile (dépendance et handicap), de l’insertion, de la petite enfance, de la protection judiciaire, de la formation… Comment opèrent ces changements ? Quelles en sont les conséquences pour l’action sociale organisée ? Pourquoi les avons-nous laissés s’installer ? Que devons-nous défendre maintenant ?
À travers l’analyse du nouveau lexique, largement inspiré de l’entreprise, qui s’est imposé dans tout le secteur social (services à la personne, démarche qualité, privilège de l’usager, performance, évaluation, etc.), Michel Chauvière montre que celui-ci est dénaturé et asphyxié par un processus de  » chalandisation  » qui formate les consciences, sape les fondamentaux de l’engagement et prépare à accepter plus de privatisations des services et une plus grande hégémonie de la gestion. Mais rien n’est définitivement joué !

Bien-être émotionnel au travail et changement organisationnel. Leclerc : vidéosurveillance excessive des salariés, vie privée et données à caractère personnel. Les murs ont des oreilles ! Travail indépendant : santé et conditions de travail. Comment analyser la charge physique de travail ? Liberté d’expression dans l’entreprise pour Gattaz, c’est bosse, crève et tais-toi !

La France a le patronat le moins libéral du monde! L’Europe et la santé-sécurité au travail : quels acquis ? C’est la reprise aux Etats-Unis ! Drame du Rana Plaza : trois ans plus tard, où en est-on ? Certains slogans imbéciles ont décidément la vie dure. Travailler plus pour gagner plus ! Réduire le travail à sa seule rémunération, c’est-à-dire à sa seule composante thermodynamique de fourniture d’énergie et de matière relève de l’imposture.

Rien d’étonnant à cela puisque ceux qui nous rabâchent ce slogan sont des imposteurs qui pensent pouvoir subordonner leurs concitoyens à leur seule dimension pulsionnelle et hypothalamique. On pourra lire, avec beaucoup d’intérêt : « Le travail – Pourquoi travailler ». Et puis, et bien que ce ne soit pas le sujet, que dire des chiffres qui annoncent entre 1. 6 millions de travailleurs pauvres en France ? Le travail possède bien sûr de nombreuses autres dimensions. Certaines sont plutôt bien définies ou circonscrites : contrat de travail, niveaux de rémunération, avancement, liens de subordination, etc.

Le plus souvent et d’abord, ce sont des psychologues ou des ergonomes qui ont tenté de définir la notion de charge de travail. Les médecins du travail les ont maintenant relayés. La notion de charge de travail a très fréquemment une acception négative qui tourne autour de termes comme contrainte ou astreinte. La contrainte est souvent comprise comme l’exigence de l’entreprise en termes de but à atteindre.

L’astreinte est davantage comprise comme la charge de travail proprement dite, c’est-à-dire comme les effets du travail sur l’employé. Parmi les indicateurs précoces qui annoncent que les objectifs d’une entreprise sont par trop mal perçus par ses employés, bien avant que leurs doléances ne s’expriment par la perception de charges trop lourdes, trop mal définies, des objectifs peu clairs, de conditions stressantes, etc. On peut croire que les ergonomes, psychologues et médecins d’entreprise l’auront été. Très simplement et initialement, la charge de travail est un objectif de production ou de service à atteindre.

Le temps, les flux d’énergie, de matière et d’information sont les facteurs quantifiables qui sont d’abord mis en avant. On peut toujours calculer le temps nécessaire à la fabrication d’une pièce, la quantité de matière première dont on aura besoin, des flux d’approvisionnement qui alimenteront les chaînes de montage ou les ateliers, des savoirs-faire minima qui seront garants du niveau de productivité et des exigences de qualité attendus, etc. Dès lors, celle-ci n’est plus atteinte. Leurs conditions de travail se dégradent. Les mécanismes de régulation dans l’entreprise fonctionnent en tendance et les choses empirent. La notion de pénibilité passe au premier rang des revendications ou des préoccupations des employés.

La charge de travail devient synonyme de tension. L’évaluation de la charge de travail comportera toujours la notion de charge prescrite. Mais la charge prescrite ne peut pas être la charge réelle. La charge réelle devra dépasser les seules dimensions de la production.

Très modestement, je crois que l’on pourrait envisager l’évaluation de la charge de travail avec une approche neurobiologique. Il est parfaitement évident que le travail et la rémunération qui lui est attachée permettent de couvrir nos besoins en matière et en énergie. Mais cette récompense pécuniaire et pulsionnelle n’est pas celle qui rend la charge de travail acceptable ou non. Ou plutôt, je le comprends fort bien quand je lis les propos de M. Seillières quand il avance que sa vie vaut plus et mieux que celle des ouvriers qui l’ont enrichi. Le travail ressenti s’inscrit à la fois dans une dimension personnelle qu’on dira psychologique et dans une dimension de groupe qu’on dira sociale. Que l’une ou l’autre de ces dimensions soit mal ressentie ou mal vécue par le travailleur et celui-ci développe des troubles divers plus ou moins graves.