Transhumanisme : A la limite des valeurs humanistes PDF

Tapez votre recherche et appuyez sur Entrée. L’homme, au sens où nous l’entendons, vit peut-être ses dernières heures. Aux yeux de certains, cette proposition apparemment apocalyptique sonne comme une bonne nouvelle. Depuis les années 1930, tout un courant culturel s’inspirant de la science et de la technologie plutôt que des transhumanisme : A la limite des valeurs humanistes PDF de la philosophie traditionnelle envisage avec enthousiasme le dépassement de la nature humaine.


Le groupe de réflexion Darwin a envisagé d étendre ses sujets de réflexion au transhumanisme, à la limite de l humanisme et du posthumanisme, termes que le présent ouvrage tente de définir, tant la littérature sur ce sujet est parfois confuse. Les améliorations de l humain peuvent être envisagées dans de nombreux domaines médicaux et psychologiques. Mais où se trouve, dans ces domaines, la limite entre thérapeutique et ce que l on peut considérer comme de l amélioration ? Les auteurs proposent comme voie raisonnable de vivre avec nos techno-sciences, en dehors de la technophobie et de la technophilie. Il est vain de prendre comme idéal, d une part, un retour illusoire à la Nature ou, d autre part, à un monde uniquement artificiel ; il est vain aussi de considérer que toutes les innovations technologiques seraient bonnes ou, a contrario, d utiliser le principe de précaution à tort et à travers. Paradis terrestre ou apocalypse ? Impossible de généraliser une conclusion tant les applications techniques sont variables, de l’ingénierie génétique à la lutte contre le vieillissement, de la nanomédecine aux aspects eugéniques, du dopage physique au dopage intellectuel, des implants bioniques aux membres bioniques. Impossible aussi de juger raisonnablement d’élucubrations fantasmatiques ou de projets de science-fiction. Restons donc attentifs, continuons à nous informer, restons critiques ! Le groupe Darwin espère pouvoir y contribuer modestement par ce livre. Notre horizon devrait être celui d un monde, où les humains cherchent à vivre humainement avec les techniques. Il est donc le devoir de tout citoyen probe et libre de s’informer, de mesurer correctement les enjeux.

Le terme transhumanisme remonte à 1957. On le doit au biologiste Julian Huxley, frère du non moins connu Aldous Huxley, l’écrivain. Issu des termes humain et transition, il évoque la génération d’êtres qui effectuera la jonction entre l’Homme tel qu’on l’entend aujourd’hui et celui de demain : le post-humain. Le projet transhumaniste est une récupération matérialiste de la quête de la libération spirituelle. Il traduit une volonté de se libérer des contingences de la vie matérielle, et réduit de façon terrifiante la vérité de la destinée galactique des âmes à une colonisation physique de l’espace. Grâce à la technologie, personne n’aura plus aucun effort à fournir.

On pourra devenir meilleur à sa guise. Une simple pilule, une injection ou un implant suffiront. Fini la recherche laborieuse de vérité, la distinction entre le bien et le mal, la connaissance de soi, etc. L’idée d’une transformation de notre espèce n’est pas nouvelle. Elle traverse en fait tout le XXe siècle. Depuis que Nietzsche a annoncé la mort de Dieu, nous sommes entrés dans le siècle du surhomme.

Notre époque, à la suite de Nietzsche mais aussi de Marx, peut se voir comme celle de la quête d’un surhomme jusque dans ses aspects les plus monstrueux, amenant l’être humain à se transformer en robot. Cela inclut l’usage de nombreux domaines et sous-domaines de la science et des nouvelles technologies, qui nous mèneront à l’état visé de post-humain . Ce monde inerte duquel la vie de l’âme est irrémédiablement bannie, les tenants du transhumanisme l’attendent avec conviction. Pour eux, le corps humain n’est qu’une machine qu’il s’agit d’entretenir par des opérations régulières de maintenance, comme l’automobiliste entretient sa voiture en l’amenant au garage. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction.

Ray Kurzweil, qui affirme que, grâce aux thérapies géniques, plus aucun problème d’ordre génétique ne sera virtuellement réversible. Et enfin, la réanimation de patients cryogéniquement maintenus en vie. La mort est une prédatrice qui vide la vie de son sens , selon les dires de Ray Kurzweil, qui présente son projet transhumaniste dans sa Singularity University financée en grande partie par la NASA et Google. Cette dévotion devant la toute-puissance de la science et de la technologie modernes est le signe d’une perte totale et irrémédiable de foi dans les instances divines. Puisque l’humanité s’est détournée de ses anciennes croyances et de sa foi traditionnelle, elle est tombée sous le joug du matérialisme. Ray Kurzweil et ses amis futurologues considèrent que l’évolution est un processus spirituel , un processus qui rend les unités plus complexes, plus belles et davantage capables de ressentir des émotions nobles comme l’amour .