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Les affections mentales ont longtemps été considérées comme des possessions d’psychiatrie française, psychiatrie en France PDF être par une entité démoniaque, diabolique. Les malades mentaux restent auprès de leurs proches. Pour éviter qu’ils ne s’automutilent ou lors des crises ils sont attachés avec un luxe de précautions pour qu’ils ne blessent pas. Seuls les malades les plus dangereux sont emprisonnés.


Les maladies mentales représentent un poids sanitaire considérable pour les sociétés occidentales tant par la souffrance qu’elles induisent pour les patients et leur entourage que par leurs coûts directs et indirects. Elles sont associées à une baisse de l’espérance de vie (notamment du fait du suicide) et à un haut degré de stigmatisation, de discrimination et d’exclusion sociale. Leur prévalence sur la vie entière est de 20 à 30 % et, du fait de leur progression, elles représenteront la première cause d’invalidité dans le monde dans une dizaine d’années. La psychiatrie est une spécialité où les références théoriques évoluent rapidement sous l’influence des découvertes neuroscientifiques et de l’évolution des modèles d’organisation des soins proposés au niveau international. De nouvelles stratégies de prévention et de nouveaux traitements permettent d’améliorer l’efficacité de cette discipline médicale. Malgré cela, et en dépit de son histoire illustre, la psychiatrie française connaît une crise qui se traduit par une paupérisation de l’offre de soin, un faible investissement dans la recherche en santé mentale et une absence de réforme d’ampleur de l’organisation de la santé mentale dans notre pays. Ce livre propose donc un état des lieux de la psychiatrie en France et une réflexion sur ses perspectives d’évolution en fonction de son identité historique, des théories auxquelles elle se réfère et de ses développements actuels dans les champs législatifs, politiques, nosographiques mais aussi de la recherche et de l’enseignement. L’ouvrage, qui réunit les contributions des meilleurs psychiatres français, s’adresse aux psychiatres praticiens (libéraux et hospitaliers), ainsi qu’à tous ceux qui souhaitent se tenir informés des évolutions d’une discipline actuellement en pleine mutation, et au sein de laquelle les débats sont, depuis sa naissance, riches et nombreux.

Des institutions laïques ou religieuses peuvent s’en occuper. Les médecins Jean Wier et Juan Luis Vives s’insurgent contre la pratique du bûcher pour les fous. Ils estiment que ces derniers doivent être traités avec bienveillance et qu’il y a espoir de guérison. Le psychiatre Philippe Pinel délivrant les aliénés à Bicêtre en 1793.

Tableau de Charles-Louis Mullet exposé dans le hall de réception de l’Académie Nationale de Médecine à Paris. Après la Révolution de 1789 les fous sortent des prisons pour les asiles d’aliénés. Le rôle du personnel se réduit cependant trop souvent à celui des gardiens. Le souhait des aliénistes de l’époque est de faire de ces maisons d’aliénés un lieu de guérison. En 1820 Jean-Etienne Esquirol succède à Pinel à la Salpêtrière. Esquirol reprend les idées de son prédécesseur pour donner naissance à la réglementation psychiatrique de 1838, restée en vigueur jusqu’en 1990.

Toute transgression était sévèrement punie, les traitements curatifs peu nombreux. Centre hospitalier général de Clermont-de-l’Oise étant alors le plus grand asile d’Europe. Ce constat pessimiste aboutit au milieu de ce siècle à la théorie de la dégénérescence. Une leçon clinique à la Salpêtrière, tableau d’André Brouillet, 1887. Bromure de potassium, valériane, opium, morphine. Pour le traitement de la crise : Eau froide, compression des ovaires, flagellation. En 1937, en France, le terme d’ asile  disparait de la terminologie officielle pour être remplacé par celui d’ hôpital psychiatrique .

Sous l’influence de théories eugénistes, des programmes de stérilisation contrainte visant notamment les malades mentaux sont mis en place dans de nombreux pays d’Amérique et d’Europe ainsi qu’au Japon. Le cadre légal qui permet ces pratiques disparait dans les années 1970 en Suède, et dans les années 1980 en Suisse dans le canton de Vaud. L’Allemagne nazie extermine les malades mentaux dans le cadre de l’Aktion T4. Selon Max Lafont, le nombre des malades mentaux qui succombent à la famine dans les hôpitaux psychiatriques en France, de 1940 à 1944, est de 40 000.

Ce bilan s’explique par l’indifférence et l’oubli contre lesquels ne s’élèvent que de très rares et faibles protestations. La lobotomie connaît son essor après la seconde guerre mondiale, notamment avec l’invention américaine de Walter Freeman : le pic à glace. On estime que quelque 100 000 patients furent lobotomisés dans le monde entre 1945 et 1954 dont la moitié aux États-Unis. Tu devrais essayer chez tes malades agités de Sainte-Anne. Le 19 janvier 1952, à 10 heures du matin, Jacques Lh. 24 ans, est le premier patient au monde à recevoir une injection de 50 mg de chlorpromazine.

En mars 1952, le psychiatre Pierre Deniker demande des échantillons au laboratoire Spécia et effectue les premiers essais cliniques systématiques de la chlorpromazine dans son service à l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne. Jean Delay baptise cette nouvelle classe de médicaments  neuroleptiques . Cependant, dans les établissements psychiatriques américains, le nombre d’admissions restera supérieur au nombre de décharges jusqu’en 1970, soit 15 après l’introduction des neuroleptiques. Les techniques de soins par la parole et les psychothérapies se développent. En France, une circulaire ministérielle de mars 1960 crée la politique de secteur psychiatrique grâce à l’action des médecins désaliénistes.

Parallèlement, la loi de 1838 va céder la place à celle du 27 juin 1990 en mettant l’accent sur le soin et le renforcement des droits du malade. 200 chambres d’isolement seront aménagées pour les  patients qui peuvent avoir des accès de violence envers le personnel . Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Psychiatre. Laure Murat , La maison du docteur Blanche : histoire d’un asile et de ses pensionnaires, de Nerval à Maupassant, Hachette, 2001, 424 p. Aude Fauvel  Avant-propos , revue no 141 Romantisme, mars 2008, p. Isabelle von Bueltzingsloewen,  Les  aliénés  morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques français sous l’Occupation , Vingtième Siècle.

4 no 76, note 1, p. La mort de 40 000 malades mentaux dans les hôpitaux psychiatriques en France, sous le régime de Vichy, Revue belge de philologie et d’histoire, Vol. Remarques sur l’action du 4560 R. Jean Thuillier, Les 10 ans qui ont changé la folie, Paris, Robert Laffont, 1981, p. Deinstitutionalization: The Data Demythologized Hospital and Community Psychiatry, Vol. Condamnation confirmée pour le psychiatre d’un schizophrène meurtrier à Grenoble , sur leparisien. Patrick Coupechoux : Un monde de fous.