Picasso, peintre et sculpteur sur argile PDF

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En 1943, Marguerite Caminat, sœur de la propriétaire, la prend chez elle à Alger pour rendre des services ménagers dans une maison dont l’éblouissent les fleurs et les oiseaux. Baya commence alors à modeler des personnages ou des animaux fantastiques en argile et elle est encouragée à réaliser des gouaches que le sculpteur Jean Peyrissac montre à Aimé Maeght, de passage à Alger en 1943. En 1947, une exposition est organisée à Paris par Maeght dans sa galerie. Le magazine Vogue publie la photo de Baya, qui n’a alors que seize ans, avec un article d’Edmonde Charles-Roux. Baya découvre Paris et rencontre le peintre Georges Braque. En 1953, Baya est « remise » à son tuteur, qui la marie, comme seconde épouse, au musicien « arabo-andalou » El Hadj Mahfoud Mahieddine, d’une trentaine d’années plus âgé qu’elle.

Passé le bal irréel de Cendrillon , comme l’écrit François Pouillon, Baya demeure durant dix ans dans l’impossibilité de poursuivre son œuvre. Les objets qui entourent ces  Dames  se détachent, sans nulle ombre, disposés les uns au-dessus des autres sur les différents registres d’un unique plan dans une vision qui refuse toute perspective illusionniste. Dès les premières gouaches de Baya apparaissent vases et cruches, bouquets et fruits. Deux décennies plus tard compotiers et coupes, au-delà des pastèques et raisins, débordent d’une multitude de fruits et poissons indistincts. Quand ses gouaches s’aventurent hors de l’intimité des intérieurs, émergent des îles, cernées de poissons, peuplées de huttes serrées les unes contre les autres et d’arbres où veillent de nombreux oiseaux. Je parle, non comme tant d’autres pour déplorer une fin mais pour promouvoir un début et sur ce début Baya est reine. Le début d’un âge d’émancipation et de concorde, en rupture radicale avec le précédent et dont un des principaux leviers soit pour l’homme l’imprégnation systématique, toujours plus grande, de la nature.

Baya dont la mission est de recharger de sens ces beaux mots nostalgiques:’l’Arabie heureuse’. Baya, qui tient et ranime le rameau d’or. André Breton, dans Baya, Derrière le Miroir, Galerie Maeght, Paris, novembre 1947  Baya est la sœur de Schéhérazade. Schéhérazade, la tisserande des mots qui éloignent la mort.

Baya, Derrière le Miroir, Galerie Maeght, Paris, novembre 1947. Baya, préface de Gaston Defferre, texte de Jean de Maisonseul, Musée Cantini, Marseille, 1982. Trois femmes peintres, Baya, Chaïbia, Fahrelnissa, Institut du monde arabe, Paris, 1992. Baya, textes d’André Breton, Frank Maubert et Jean Peyrissac, Maeght éditeur, Paris, 1998. Deux femmes et enfant, 1947, p. Grand vase aux poissons, 1967, p. Baya, avant-propos de Michèle Moutashar, textes de Edmonde Charles-Roux, Michel-Georges Bernard, Lucette Albaret, Musée Réattu, Arles, 2003.