Montherlant-du Cote De Port-royal-la Piece Et Ses Sources PDF

Port-Royal des Champs, tableau peint d’après les gravures de Louise-Magdeleine Horthemels. Le site de Port-Royal des Champs est un ensemble montherlant-du Cote De Port-royal-la Piece Et Ses Sources PDF des ruines de l’abbaye de Port-Royal, du musée national de Port-Royal des Champs anciennement musée des Granges, et d’un domaine forestier et paysager. Il ne reste aujourd’hui presque rien de ce monastère fondé en 1204, témoin de l’histoire de l’abbaye de Port-Royal et du jansénisme. Le site de Port-Royal des Champs est aujourd’hui classé parmi les monuments historiques.


Le site de Port-Royal sur les cartes de Cassini. L’abbaye de Port-Royal est fondée en 1204 par Mathilde de Garlande. Son choix se porte sur un lieu peu éloigné de l’abbaye des Vaux-de-Cernay, abbaye masculine. Elle souhaite, pour sa part, fonder un monastère féminin cistercien. Le site de Porrois est marécageux et boisé. Le site de Port-Royal, au fond d’un vallon, est dans la tradition cistercienne. L’abbaye est au départ considérée comme une simple extension féminine des Vaux de Cernay, comme un prieuré dépendant de ce monastère, c’est-à-dire dépourvue d’autonomie hiérarchique, financière et d’autorité.

Les premiers directeurs spirituels viennent également de l’abbaye voisine. Mais en 1214, à la suite de trois prieures, une première abbesse est élue. Port-Royal gagne ainsi son autonomie et un véritable statut d’abbaye. Cependant son importance est numériquement faible : autour d’Éremberge, la communauté ne compte qu’une douzaine de membres. En 1625, une  annexe , Port-Royal de Paris, fut créée temporairement pour sauver les religieuses de Port-Royal des Champs décimées à la suite d’une sévère épidémie de paludisme liée au caractère marécageux du site.

Même si les premières religieuses viennent de monastères bénédictins, Port-Royal prend très vite une orientation cistercienne. Le site est typiquement cistercien : Port-Royal se trouve au fond d’un vallon fermé, parcouru par une rivière, le Rhodon. L’architecture de l’abbaye est caractéristique de l’ordre cistercien. La seule élévation est celle du clocher de l’église, qui est terminée en 1229.

Le cloître est adossé au côté sud de l’église, comme dans la plupart des abbayes cisterciennes. Son plan suit également la tradition architecturale cistercienne : l’église a une forme de croix latine à base carrée, dont le tracé ne comporte que des lignes droites se coupant en angle droit. Les gravures montrent que l’église est élevée à trois niveaux dans un style gothique archaïque, avec de grandes arcades en arc brisé. Le chapitre est alors déplacé dans le bras droit du transept dont la grande arcade est murée. Malgré les travaux de drainage des Solitaires, l’église est régulièrement inondée par les eaux qui dévalent du plateau des Granges. Dans ses lettres, elle fustige d’ailleurs les carmélites qui embellissent leurs couvents. Port-Royal devient l’une des plus puissantes abbayes du Bassin parisien.

Elle tire ses ressources de la possession de terres agricoles et forestières aux alentours et sur des terroirs plus éloignés. La singularité de Port-Royal vient du fait que les religieuses ont converti en rentes une grande partie de leurs biens. Magny, Champgarnier, Germainville, Launay et Vaumurier, situées sur la paroisse de Saint-Lambert des Bois, donc juste autour de l’abbaye. En 1230, les religieuses reçoivent des terres à Villiers-le-Bâcle, puis en 1479 à Buc et Châteaufort, et enfin à Buloyer en 1504, ce qui permet d’augmenter les revenus fonciers. Mondeville, à 35 kilomètres de distance, entre Melun et La Ferté-Alais.

Port-Royal contrôle les terres et des forêts dans un rayon de huit kilomètres. Les deux fermes qui constituent sa principale source de richesse sont celles des Granges et de Champgarnier. Nanterre de vastes propriétés qui lui fournissent des rentes considérables. En 1659, l’abbaye achète la terre et la seigneurie de Montigny, puis d’autres domaines à Voisins-le-Bretonneux et Trappes. Lors de la séparation des deux monastères en 1669, environ un tiers des terres est dévolu au couvent parisien, le reste demeurant en possession de celui des Champs. La richesse matérielle de l’abbaye, fondée sur le foncier, est extrêmement dépendante des aléas politiques.

Malgré un patrimoine important dès ses débuts, les périodes de troubles causent des pertes de richesse importantes qui entraînent un déclin du monastère à la fin du Moyen Âge. Connaissant un rapide développement à ses débuts, l’abbaye entre ensuite dans une période de relatif déclin. La guerre de Cent Ans est particulièrement destructrice pour Port-Royal, les épidémies se succèdent, l’insalubrité, la baisse des vocations et des difficultés économiques laissent croire un temps à la fermeture du monastère. Le premier à s’en préoccuper est Jean de Pontallier, abbé de Cîteaux. En décembre 1504, il effectue une visite à Port-Royal et organise une restauration matérielle. Il leur recommande de respecter le silence et de recommencer à pratiquer les aumônes à la porte du monastère. N’étant pas concerné par le concordat de Bologne, qui permet au roi de nommer les évêques, abbés et abbesses de France, Port-Royal continue à élire ses propres abbesses.

La pratique de la commende est devenue banale, comme dans la plupart des monastères de l’époque. C’est ainsi qu’en 1599 une petite fille de huit ans à peine, Jacqueline Arnauld, est nommée coadjutrice de l’abbesse Jeanne de Boulehart. Port-Royal est un exemple symbolique des abus que l’Église issue du concile de Trente cherche à éradiquer : les sœurs vivent dans le relâchement et parfois dans la licence avec leurs domestiques. En prononçant ses vœux, Jacqueline Arnauld prend le nom d’Angélique de Sainte-Madeleine.

Dans son autobiographie de 1655, Jacqueline Arnauld indique que le monastère est en  très mauvais état . Ils demandent donc au général de l’ordre de Cîteaux l’autorisation de placer auprès d’elle une religieuse d’une autre maison, Madame de Jumeauville. Celle-ci a pour tâche de terminer l’éducation de l’enfant et de surveiller la conduite du monastère. Ce choc religieux marque le début de la renaissance du monastère. Vue générale de l’abbaye en 1674.

Philippe de Champaigne, La Mère Angélique Arnauld, musée d’Évreux. Après sa  révélation  de 1608, Angélique Arnauld entreprend doucement une réforme de son monastère. Claude de Kersaillou, qui engage la communauté à respecter les règles cisterciennes. L’année 1609 marque un tournant dans l’histoire de l’abbaye de Port-Royal. En effet, Angélique Arnauld rétablit la communauté des biens entre religieuses. La clôture monastique est également remise en vigueur.