Les Thébaines, Tome 11 : L’héritage des Thébaines PDF

Maître du tonnerre et de la foudre, il exerce sa puissance sur les marges de l’Égypte que sont les contrées désertiques, les zones arides et les pays étrangers à la plaine du Nil. Sa nature brutale se manifeste plus particulièrement dans un comportement sexuel agressif, tant homosexuel avec Horus qu’hétérosexuel avec de belles déesses qu’il poursuit de ses assiduités. Ce n’est qu’à partir de la Troisième Période intermédiaire que l’image de Seth se ternit durablement, peut-être en réaction aux prises de contrôle successives de plusieurs peuples les Thébaines, Tome 11 : L’héritage des Thébaines PDF sur le royaume d’Égypte.


C’est l’héritage de toute une dynastie consacrée aux femmes. En fait, elle commence avant Hatchepsout puisqu’au début de cette dynastie, les Thébaines dirigeaient le pays tandis que leurs époux combattaient pour chasser les envahisseurs du delta. En cette fin de la 18ème dynastie, le règne de la belle Néfertiti s’achève. Le palais d’Akhet-Aton est détruit et à Karnak les divinités ancestrales reprennent leurs droits et leurs pouvoirs. Ankhésaton, fille de Néfertiti, épouse le prince Toutankhamon et l’assiste dans ses tâches. Hélas, le jeune pharaon meurt laissant la reine désemparée lorsqu’on lui ordonne d’épouser le vieux général Ay. Quant à Néby, enfin elle a épousé le Grand Prêtre Panehésy et repris sa place à Thèbes. Ses deux filles suivent une voie très différente. La sage Isis, en plein accord avec ses dieux, devient la Grande Danseuse d’Amon, tandis que l’insoumise Nephtys s’éprend d’un jeune Hébreu tout en décidant de ne jamais renier ses racines. Le long cycle des Thébaines s’achève avec ce dernier volume qui se termine avec la prestigieuse 18ème dynastie. L’empreinte qu’avait laissée Hatchepsout aux Thébaines devait rester gravée en elles et dans leur descendance. Elles ont vécu, elles ont vibré, elles ont aimé au rythme des saisons. Elles ont engagé leur destin, elles ont véhiculé leurs vérités et leurs croyances et, surtout, elles n’ont jamais renié leurs valeurs. Elles ont laissé un héritage qui se perpétue…

Seth, associé aux puissances étrangères, devient l’agent maléfique de la perte du pays. Dès les débuts de l’égyptologie, la morphologie générale de Seth sous sa forme entièrement animale a beaucoup intrigué les savants. De nos jours, l’oryctérope n’est attesté qu’à travers l’Afrique subsaharienne. Dans la vallée du Nil, il faut ainsi descendre dans les régions méridionales du Soudan pour en rencontrer. Il disparaît d’Égypte après cette période à cause des changements climatiques, son biotope, la savane, faisant progressivement place au désert du Sahara. Cette iconographie semble somme toute s’inspirer de l’oryctérope. Avec le temps les représentations évoluent.

Si l’identification de Seth à l’oryctérope n’est pas certaine, il s’avère que dans l’Afrique contemporaine, nombre de peuples tels les Bambara ou les Tabwa l’ont intégré dans leur pensée symbolique. Perçu comme un animal hors normes, l’oryctérope est situé à la frontière entre le village et la savane, entre le monde visible des humains et le monde souterrain des morts. Les Textes des Pyramides sont les plus anciens écrits religieux de l’Égypte antique. Toutes ces formes sont des variantes orthographiques du même nom et ne désignent en aucune manière diverses divinités. Souty tend à se généraliser à côté de la forme Setesh, plus ancienne et traditionnelle.

Souty est la marque de l’affaiblissement de la consonne finale. Ce phénomène est probablement apparu en Haute-Égypte où la prononciation peut avoir été Sùt puis Sèt. Dans l’état actuel des connaissances, à l’instar d’autres divinités égyptiennes majeures, l’étymologie du nom de Seth reste incertaine. Selon les critères scientifiques modernes, cette explication tient plus de la pseudo-étymologie. D’après l’égyptologue allemand Hermann Kees elle est néanmoins valable car elle provient des conceptions religieuses égyptiennes tardives et de mots égyptiens qui signifient  embrouiller, morceler .

Ces mots recouvrent des notions désagréables et des aspects peu favorables de la réalité. D’une manière évidente, à travers la graphie, la signification de ces mots a été mise en rapport avec l’animal séthien considéré comme étant à l’origine de ces aspects néfastes. Seth est associé à deux grands mythes. La déesse du ciel Nout séparée de Geb par Shou d’après une illustration du Livre des Morts. Dès les débuts de la civilisation égyptienne, une des épithètes les plus employées au sujet de Seth est  fils de Nout .