Les exilés de Douma PDF

Petit-fils d’un prêtre orthodoxe, Kerenski doit à son père Feodor une éducation soignée. En 1899, Kerenski entre à l’université de Saint-Pétersbourg pour étudier la les exilés de Douma PDF classique et l’histoire.


Cet ouvrage appartient à la trilogie Les exilés de Douma qui revisite l histoire des Fongs, une peuplade d Afrique centrale contrainte à un double exil : territorial afin d échapper aux marchands d esclaves et socioculturel face à l hégémonie des nouveaux maîtres de la forêt, les colons. Les bouleversements qui en résultent se révèlent à travers la lente descente aux enfers d un homme, Essono Bidja, le roi déchu des Fongs.

Il visait, probablement influencé par ses racines familiales, une carrière universitaire, mais les conditions particulières du lieu, notamment l’effervescence révolutionnaire croissante des universités, en décident autrement. Kerenski termine des études juridiques en 1904. Cette réussite lui permet ensuite de s’inscrire au barreau de la capitale. L’année suivante, les événements politiques de l’empire le mettent au premier rang de la résistance légale au pouvoir impérial. Avocat engagé, il porte assistance à de nombreux militants victimes de la répression policière, notamment aux victimes du  Dimanche rouge , ce qui lui vaut d’être arrêté, puis exilé à Tachkent en décembre 1905 pour possession de littérature illégale.

Ses succès de prétoire favorisent, en 1912, son entrée à la IVe Douma comme député, sous l’étiquette travailliste. Avec cette position, sa défense des droits civiques prend de l’ampleur. Orateur brillant selon certains, Kerenski rejoint plus tard le groupe parlementaire du Parti socialiste révolutionnaire, considérant avec sympathie sa stratégie d’appui aux populations des campagnes qui est selon lui plus respectueuse de la réalité sociale du pays, le monde ouvrier n’étant encore, à l’époque, qu’embryonnaire dans l’empire. Au début de la guerre, en 1914, Kerenski fait peu parler de lui au sein de la Douma. Comme beaucoup d’hommes politiques russes, il est toutefois persuadé que le conflit va conduire à l’effondrement du régime tsariste. Il se construit un profil politique d’opposant absolu à l’autocratie tout en refusant les mots d’ordre marxistes.

1917, Kerenski est l’un des chefs de l’opposition. Ce statut lui vaut de gravir les échelons politiques au fur et à mesure de la radicalisation des forces qui se disputent le pouvoir. Le 27 février, avec la chute de Nicolas II, se met en place dans le pays une double autorité : le comité provisoire de la Douma, formé de députés du centre de la gauche modérée d’un côté, le soviet des députés ouvriers de Petrograd que rejoindront ensuite les délégués des soldats. Une semaine plus tard, un gouvernement provisoire succède au comité de la Douma. Kerenski, dans ce gouvernement dirigé par le prince Georgy Lvov, accède au portefeuille de ministre de la justice, compte tenu de sa connaissance du droit liée à son passé d’avocat.

Alors que le mouvement bolchevik prend de l’ampleur avec le retour des exilés — dont Lénine — un second gouvernement provisoire est formé au mois de mai, une nouvelle fois sous la présidence du prince Lvov. Au même moment, à Petrograd, des manifestations soutenues par les Bolchéviques sont organisées contre le gouvernement provisoire. La répression menée par l’exécutif oblige Lénine à se réfugier en Finlande. La démission du prince Lvov, aussitôt après, permet à Kerenski de diriger un cabinet de transition. Kerenski, pour la première fois maître du pays, va rester aux commandes de la Russie pendant près de 100 jours. Une semaine plus tard, sous le prétexte de prévenir un éventuel soulèvement bolchévique, celui-ci envoie des troupes dans la capitale tout en demandant le retrait des ministres  incapables .

Son problème essentiel reste la gestion de la guerre. La Russie est épuisée par trois années de conflit tandis que la population aspire à la paix. Kerenski et les autres responsables politiques se sentent au contraire obligés de respecter leurs engagements vis-à-vis de la Triple-Entente, c’est-à-dire de continuer la guerre jusqu’à une victoire de plus en plus hypothétique. Ce refus de désengagement, avec un certain nombre d’erreurs tactiques, sont la cause principale de sa chute. La propagande des partis de gauche, au premier rang desquels le parti bolchévique, promet au peuple  du pain, la paix et des terres . Les soldats du front, très réceptifs à ce discours, désertent en masse pour regagner leurs villages en amplifiant la désintégration de l’armée.

Fin octobre, alors que les bolcheviks s’organisent pour la prise du pouvoir, la rupture entre le soviet, dominé par ces derniers, avec le gouvernement et la Douma est consommée. Lénine est déterminé à renverser le gouvernement de Kerenski avant qu’il ne puisse être légitimé par les élections prévues de l’Assemblée constituante. Après la défaite de son armée et la reddition des Cosaques et du général Krasnov à Gatchina, celui-ci lui demanda de se rendre sous bonne escorte au Comité militaire révolutionnaire pour parlementer. Il vit les semaines suivantes dans la clandestinité chez des amis avant de pouvoir quitter le pays pour la France au printemps 1918, en passant par Mourmansk, avec l’aide des Britanniques. Juste avant son départ, Kerenski avait envisagé de se rendre par surprise à l’assemblée constituante, persuadé que son éloquence aurait pu retourner l’opinion.

Ses proches réussirent à le dissuader. Dès cet instant, Kerenski qui vit à Paris jusqu’en 1940, va être au cœur des divisions et querelles qui divisent les exilés russes à l’étranger car beaucoup d’entre eux, notamment les monarchistes, voient en lui, non sans raisons, le fossoyeur du tsarisme. Toute sa vie, à partir de cet instant, ne sera qu’une longue justification de sa direction du gouvernement provisoire. Installé à Paris, durant la guerre civile russe, il ne soutient aucune faction et s’oppose au régime bolchévique comme aux armées blanches dont les chefs tentent alors, avec l’aide des Alliés, de renverser le bolchévisme et, pour certains, de restaurer la monarchie. Quand les Allemands envahissent la France en 1940, Kerenski doit de nouveau fuir. Installé à New York, il passe la majeure partie de son temps à l’Institut Hoover, où il contribue à la mise en forme et au classement de l’énorme fonds d’archives détenu par ce centre de recherche. Kerenski, un des derniers acteurs des événements de 1917, meurt à New York en 1970, peu après une tentative avortée — en 1968 — de visiter l’URSS.

L’Église orthodoxe russe lui refuse l’enterrement chrétien, le considérant comme l’un des principaux responsables de la prise du pouvoir par les communistes. Après ses obsèques, sa famille organise son inhumation à Londres, au cimetière de Putney Vale. Helsinki, ne divorcera qu’en 1939 après plus de vingt ans de séparation. Près de trois ans après la révolution d’Octobre, Olga réussit dans des conditions difficiles à fuir la Russie avec ses deux fils pour se réfugier en Grande-Bretagne. Paris à la fin des années 1930. Habitant en France, le couple doit fuir l’avancée allemande en rejoignant la frontière espagnole pour embarquer sur un navire anglais à Saint-Jean-de-Luz.