Lenoir et Blanc en voient de toutes les couleurs PDF

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Ça chauffe à l’agence Lenoir et Blanc! Vols de bijoux ou d’animaux rares, fausse monnaie, chantage, les malfaiteurs ont plus d’un tour dans leur sac. A toi d’enquêter sur le terrain avec nos deux détectives, à la recherche du moindre indice…

La queue et la parade nuptiale du paon sont des produits de la sélection sexuelle. Initialement proposée par Darwin dès 1859, l’idée d’une sélection sexuelle a été rejetée pendant plus d’un siècle, victime des a priori des biologistes. Ce n’est que dans les années 1990 que ce domaine de recherche a pris son essor, la sélection sexuelle se révélant être en réalité une pierre angulaire de la sélection naturelle. Exemple classique de dimorphisme sexuel : le cerf volant. Parler spécifiquement de  sélection sexuelle  permet de circonscrire un des aspects de l’Évolution : la capacité à se reproduire. Le dimorphisme sexuel : les différences morphologiques entre mâles et femelles d’une même espèce reposant sur des parties et organes autres que génitaux.

Charles Darwin distingue la  sélection naturelle  conférant un avantage de survie, et la  sélection sexuelle  conférant un avantage reproductif. Charles Darwin révolutionne ce qui n’était alors que l’hypothèse de l’évolution en proposant le mécanisme de sélection naturelle fondé sur la reproduction différentielle des individus en fonction de leur capacité à survivre. Et ceci me conduit à dire quelques mots de ce que j’appelle la sélection sexuelle. Si un éleveur arrive en peu de temps à créer une variété de poule naine belle et de port élégant, suivant ses propres critères de choix, je ne peux trouver de raison de mettre en doute que des oiseaux femelles, en sélectionnant sur des milliers de générations les mâles les plus beaux ou les plus mélodieux, sont susceptibles de produire un effet marquant. Chez l’éperonnier chinquis, la tache blanche est toujours en haut de l’ocelle quand le mâle fait la roue.

Bien que la sélection sexuelle soit donc mentionnée dans L’Origine des espèces, elle n’est exposée qu’en trois pages, ne faisant même pas l’objet d’un chapitre. La théorie de la sélection se voit d’autant moins acceptée que Darwin la développe dans un ouvrage, la Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe, où il défend aussi l’idée que certains attributs humains sont des purs produits de la sélection sexuelle. La majorité des savants de l’époque refusait en effet de voir dans la sélection sexuelle autre chose qu’une forme de sélection de survie liée à la compétition entre les mâles d’une espèce, refusant l’idée que le choix des femelles puisse exercer une quelconque pression évolutive. Dans l’Angleterre victorienne, Darwin eut beaucoup de difficultés à défendre cet aspect de sa théorie contre ses contemporains, comme face à son collègue Alfred Wallace qui était pourtant simultanément arrivé à une formulation analogue de la théorie de la sélection écologique. Il suppose alors que ces ornements ont pu être d’une manière ou d’une autre un indicateur de vitalité, de bonne santé, et donc en fin de compte d’une bonne adaptation due aux gênes et héritable.

Dans ce cas, une préférence de la femelle pour cet ornement lui confère une descendance mieux adaptée que la moyenne, et donc un avantage reproductif, qui se traduit par plus de descendants de ce couple. Cette idée d’un trait pouvant être un indicateur général d’adaptation restera cependant négligée jusque dans les années 1960. Le statisticien et biologiste Ronald Fisher démontre le mécanisme de l’emballement fisherien . Fisher montre par exemple qu’un léger biais dans la préférence des femelles qui les ferait préférer des mâles dotés de longues plumes à des mâles dotés de plumes plus courtes peut conduire à une situation évolutive où de génération en génération, le plumage des mâles augmente, car à chaque génération les mâles ayant le meilleur succès reproductif sont ceux qui ont les plumes les plus longues dans la population. Julian Huxley, farouche critique idéologue de la notion de sélection sexuelle. Ces travaux de 1930 restèrent longtemps sans suite. Ce n’est qu’après la seconde édition du livre de Ronald Fisher, en 1958, que ces idées se répandront dans une nouvelle génération de biologistes mieux formés mathématiquement et moins conditionnés idéologiquement, comme Peter O’Donald.

1970, John Maynard Smith, ingénieur aéronautique de formation, s’intéresse à la parade nuptiale de la mouche du vinaigre. Il réalise ainsi la première expérience scientifique démontrant la réalité de la sélection sexuelle. L’expérience montre que la parade nuptiale sert d’indicateur globalisant de la robustesse génétique du candidat partenaire. Dans la mesure où la parade est un comportement complexe, elle dépend en effet du bon état d’un grand nombre de gènes. Dans les espèces sexuées, un défaut génétique est le plus souvent récessif, et masqué par la bonne version du gène sur l’autre chromosome. Amotz Zahavi propose la théorie du handicap. Un des problèmes posés par les ornements sexuels est d’expliquer en quoi les sélectionner peut être un avantage adaptatif pour la femelle.

En effet, dans ce cas, ce handicap est aussi un signal — dit  honnête  — faisant la preuve directe de la qualité de l’individu, puisque ce dernier est capable de survivre malgré ce handicap. Richard Dawkins popularise l’idée de sélection sexuelle dans Le Gène égoïste . Il fallut une quinzaine d’années pour que cette théorie du handicap soit acceptée par les biologistes. Enfin, en appuyant sur le rôle du conflit sexuel défini par William Rice, Locke Rowe et Göran Arnvist, Thierry Lodé réintroduit la divergence d’intérêt entre mâle et femelle comme une force fondamentale de la théorie évolutive. La bonne tenue du plumage est signe de bonne santé, et donc d’une bonne adaptation aux conditions du milieu, et donc d’une bonne valeur sélective potentielle. Donc, sélectionner les beaux plumages, et mettre en valeur son plumage, constituent deux avantages sélectifs. Hypothèse de la reine rouge, Sélection naturelle et Valeur sélective.