Le Chant de l’être : Analyser, construire, harmoniser par la voix PDF

Aujourd’hui, pour ce nouvel article, nous allons ni plus ni moins analyser la plus grande chanson de tous les temps. Depuis le temps que j’attendais que tu nous fasses un article sur  Tourner les serviettes  de Patrick Sébastien. Hum, c’est vrai que  Tourner les serviettes  est une très grande chanson mais malheureusement, ce n’est pas de cette dernière dont il s’agit. On va plutôt parler le Chant de l’être : Analyser, construire, harmoniser par la voix PDF  Like a Rolling Stone  de Bob Dylan.


Serge Wilfart, après une carrière de ténor d’opéra, a suivi un itinéraire professionnel et spirituel tout à fait singulier qui l’a amené à devenir « professeur de voix ». Sa démarche, suivant une méthode très précise, tient à la fois de la thérapie et de l’accompagnement spirituel. Il analyse ici la genèse de la voix propre à chacun (qui lui est aussi particulière que ses empreintes digitales), à travers les affects et les blessures de la vie intra-utérine, de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte. S’appuyant sur de nombreux cas représentatifs des divers blocages qu’il a pu rencontrer, il explique en quoi, selon lui, la voix constitue à la fois un symptôme et un instrument d’évolution intérieure, par le rapport privilégié qu’elle entretient avec l’Etre que nous sommes.
Comme l’écrit dans sa préface Jacques Deperne, disciple du maître zen Taisen Deshimaru, Serge Wilfart nous invite à « un processus graduel et global de reconstruction. Il s’agit d’une mort à soi-même et d’un lâcher-prise pour un mieux-être. A n’en point douter, la voie qu’il nous propose est initiatique ».

Un peu d’histoire Like a Rolling Stone a été écrite en 1965 alors que Dylan rentrait de sa tournée en Angleterre. Las du monde la musique, de son statut de star, et de l’attitude du public à son égard, ce dernier songe de plus en plus à arrêter sa carrière musicale. Elle est très répandue dans le monde de la composition et constitue un excellent moyen de provoquer l’inspiration. La plus grande chanson de tous les temps N’en déplaise à notre ami Patrick Sébastien, Like a Rolling Stone est couramment considérée comme l’une des meilleures chansons jamais écrite. Le magazine Rolling Stone l’a d’ailleurs nommé plus grande chanson de tous les temps, affirmant  qu’aucune autre chanson n’a jamais défié et transformé les codes commerciaux et les conventions artistiques de son époque aussi profondément . Le succès de la chanson est tel, qu’elle en vient même à modifier les conventions musicales de l’époque. Dû à la longueur de son texte, la chanson dure en effet plus de 6 minutes.

Or, dans les années 60, cette durée est inacceptable pour les radios qui imposent aux artistes un format standard limité à 3 minutes. Son instrumentation, basée sur la combinaison de la guitare électrique, de l’orgue et d’une voix pleine de fureur, est en effet totalement inédite et posera les bases d’un genre nouveau qui influencera de nombreux artistes tels que Paul Mc Cartney, Frank Zappa, ou Bruce Springsteen. Rolling Stone  ne tire pas son nom de la chanson de Dylan, mais de la chanson  Rollin’ Stone  de Muddy Waters. La structure du morceau Passons maintenant à l’analyse musicale du morceau. Seule une petite intro et une transition musicale entre la fin du refrain et le début de chaque couplet viennent compléter la structure.

Détermination de la tonalité générale Pour connaître la tonalité d’un morceau, il y a plusieurs façons de faire. Cependant, malgré mes recherches sur internet, je n’ai pas réussi à trouver la partition de  Like a Rolling Stone . Je vais donc me rabattre sur la deuxième solution : analyser les accords de la chanson  pour en déduire la tonalité générale. Tout d’abord, j’effectue une recherche tout simple sur Google pour trouver les accords qui composent la chanson.

A partir de là, je répertorie les différents accords et je les classe par ordre croissant. Maintenant, notre but est de savoir de quelle gamme proviennent ces accords afin de trouver la tonalité du morceau. Ici, on remarque que nos accords ne comportent aucune altération. Or, une gamme n’ayant aucune altération est soit une gamme de Do majeur, soit une gamme de La mineur. Pour le vérifier on va harmoniser la gamme Do majeur. Après harmonisation, on obtient les accords Do majeur, Ré mineur, Mi mineur, Fa majeur, Sol majeur, La mineur et  Si diminué.

On en déduit donc que Do majeur est bien la tonalité principale de  Like a Rolling Stone . Les progressions d’accords Comme nous l’avons vu grâce à l’analyse de la tonalité, la chanson de Dylan n’est composée que de 5 accords : l’accord de Do majeur, l’accord de Ré mineur, l’accord de Mi mineur, l’accord de Fa majeur, et enfin l’accord de Sol majeur. Tous ces accords proviennent de la gamme de Do majeur. Si on s’attarde sur la construction du couplet, on voit que ce dernier est constitué de la progression : Do Majeur, Ré, mineur, Mi mineur, Fa majeur, Sol Majeur.

Autrement dit, les accords se suivent dans l’ordre. Dylan ne s’est donc pas foulé et s’est simplement contenté de réciter sa gamme. Patrick Sébastien peut en faire autant ! Pour terminer son couplet, là encore Dylan va faire dans la simplicité: il va inverser sa suite et utiliser les accords Fa majeur, Mi mineur, Ré mineur, et Do majeur. La suite d’accords du refrain est un classique de chez classique.

Elle est composée des accords Do majeur, Fa majeur, et Sol majeur. 1, 4, et 5 de la tonalité principale. En effet, les accords I, IV, et V de la gamme de Do majeur correspondent bien aux accords Do majeur, Fa majeur et Sol majeur. Sur le même principe, vous pouvez construire de très nombreuses suites d’accords. Je vous explique d’ailleurs en détail ce procédé au sein de mon article Comment trouver une suite d’accords ?

La mélodie Là encore, pour placer son texte au premier plan, la mélodie reste très sommaire. Dylan se contente souvent de répéter la même note au-dessus de ses accords. Cette répétition lui permet également d’insuffler du rythme et de l’énergie à sa composition. Dylan martèle ses mots d’un flot rapide continu afin de déverser sa colère et imprimer son message dans l’esprit de son public. D’ailleurs, si vous avez envie de délivrer un message fort à travers votre chanson, je vous conseille d’utiliser cette technique de la note répétée. Quant à la mélodie du refrain, elle tranche volontairement avec celle du couplet.

Les notes sont en effet plus longues et plus hautes afin d’en favoriser la mémorisation. Enfin, Dylan n’hésite pas à avoir recours à la répétition au sein de son refrain pour accentuer d’avantage son efficacité. Cette répétition se retrouve au niveau des phrases. Le free writing est une excellente technique pour provoquer l’inspiration et pour trouver des paroles qui serviront de point de départ à la composition. Choisissez ce que vous voulez mettre en avant dans votre composition et adaptez la en conséquence. Dans le cas de Dylan, l’accent est mis sur le texte. La structure et les accords de la chanson restent donc simples afin de donner plus d’ampleur aux paroles.

Vos suites d’accords n’ont pas besoin d’être compliquées pour être efficaces. Existe-t-il quelque chose de plus simple que Do, Ré, Mi, Fa, Sol ? La répétition constitue également un bon moyen d’y arriver. Voilà, j’espère que cette analyse vous aura été utile et vous aura permis d’apprendre pleins de nouvelles choses ! Surtout, si vous avez des questions n’hésitez pas : laissez-moi un petit commentaire. Mais composer la sienne c’est mieux ! Et bien entendu, ce guide est approuvé par Patrick Sébastien lui même.