Le camion des éboueurs – Dès 2 ans PDF

Certains de mes correspondants m’ont fait parvenir leurs souvenirs de Constantine. Il m’le camion des éboueurs – Dès 2 ans PDF semblé intéressant de regrouper ces différents textes, en les mélangeant, pour en faire une suite de petits bouts de mémoire.


Pour s amuser à colorier nos engins préférés, tout en jouant avec les formes et les couleurs.

Par quel charme mystérieux Constantine a-t-elle marqué aussi profondément tous ceux qui l’ont connue et plus encore habitée? Tous en parlent avec chaleur et mélancolie, car nulle part ailleurs ils ne pourront trouver autant de sauvage et fière beauté. Pour le petit lorrain de 11 ans que j’étais, ces trois années passées de juillet 1958 à novembre 1961, à Constantine, ont été magnifiques et génèrent encore aujourd’hui une très douce nostalgie, titillée par tous ces souvenirs égrenés sur ce site. Chaque visite dans cette boutique était saluée par de très révérencieux  » Béjor Médèm  » « ‘voir Médèm  » .

Je me souviens encore de ce marchand ambulant qui vendait quelques rares légumes parmi lesquels « les p’tits porooooooos « , et aussi du marchand de figues de barbarie, si habile à décortiquer ses fruits en trois coups de canif, et des éboueurs courant à côté du camion avec leur grand panier en sisal ! Le  » boussadia « était une sorte de sorcier africain, accoutré de façon bizarre et hétéroclite : un pagne en peau de bête, des breloques en tout genre, et un tambour pour rythmer des danses destinées à faire venir la pluie ou à récolter quelques pièces, gesticulant et roulant des yeux pour effrayer les groupes de gamins qui lui tournaient autour. Face au lycée d’Aumale, les gorges du Rhummel étaient chaque matin le théâtre de quelques lancers d’avions et fusées en papier. Le dessin était, déjà à cette époque, ma matière favorite et le professeur d’Allemand, qui avait sa classe au rez-de-chaussée de la petite cour, mettait à contribution mes prédispositions : j’avais le privilège de rentrer en classe avant tout le monde pour réaliser au tableau quelques dessins à la craie illustrant le vocabulaire ou la grammaire du jour. J’ai toujours pensé que ce privilège me permettait le plus souvent d’échapper aux interrogations ! Quant à la prof de musique, elle était charmante et aimait les jupes blanchesnous aussi, et ses évolutions à contre-jour, sur l’estrade, comme ses croisements de jambes, nous plongeaient dans un grand émoi !

Né à Constantine, de parents, grands parents et arrières grands-parents Constantinois. Mais qui peut me dire dans quelle école primaire on allait,en habitant cette rue ? Nos voisins : les Khattabi, Aouizerate, Bismuth, et plus haut, Benchicou. Je revois La rue Livingstone et le bus qui y passait, direction centre-ville.

A ce propos, ce jour là je ratais le bus, avec ma mère. Un détail scolaire, les  lendits , sortes de spectacles, figures gymniques de groupes, en bon ordre, encore pratiqués dans les pays asiatiques, tout cela au fameux stade Turpin. Un autre évènement marquant pour moi, à 9 ou 10 ans, et dont les parents ne possédaient pas de voiture : la découverte de la mer! A bientôt, et faites nous partager vos émotions, çà réchauffe ! J’ai 56 anset toutes mes dents. Je sentais qu’il manquait quelques touches au tableau Alors je récidive.

Donc, je continue ma pérégrination à l’envers. Montagne Déserte, en arabe : corrigez moi si nécessaire! C’est un site sauvage et beau où le vent nous sussurait des chants étranges et puissants Rassurez vous, je n’y  buvais que de l’eau! J’ai vécu à Constantine jusqu’à l’age de 11 ans, c’est à dire 1954. J’habitais en face du stade TURPIN qui était le stade Municipal, dans un petit immeuble de 3 ou 4 étages qu’on pouvait qualifier de bourgeois pour l’époque.

Café Excelsior, en haut de la Place pour déguster un Martini alors que je prenais l’escalier intérieur de la brasserie pour rejoindre une rue en contrebas où se trouvait la meilleure pâtisserie de Constantine et acheter une « crêpe fourrée » à la crème au beurre. Coudiat portant fièrement à bout de bras nos rameaux où pendaient cloches, poissons, canards en chocolat tout enrubanné de papier doré. Je ne rappelle plus de leur nom. C’est une coutume que je n’ai plus retrouver nulle part ailleurs. Excelsior avec sa terrasse en triangle donnant sur la place de la Brèche avec la poste et le théâtre en face.

Mais je préférais la brasserie Alex tout à côté, qui était plus moderne et un peu surélevée et que fréquentaient les jours de sortie les potaches que nous étions. Au stade Turpin j’ai assisté à de fameux matches de foot scolaires notamment les matchs Lycée École -Normale. Je me rappelle également en 1953 la finale du championnat d’Afrique du Nord de volley avec les équipes d’Hydra-Alger, l’Alliance de Tunis et l’ASPTTC de Constantine au stade des Platanes en dehors de la ville à coté du Tennis Club où j’ai joué quelquefois. Il faut aussi mentionner entre autres lieux publics les Cinémas tels le Colisée près du casino municipal sur l’esplanade, qui était équipé de fauteuils de velours rouge et d’un toit ouvrant. L’entrée de la salle était majestueuse de marbre noir et blanc donnant soit sur le cinéma soit sur une immense salle de brasserie mais peu fréquentée déjà à mon époque.

Maintenant la nostalgie doit être générale : il y avait aussi Constantine de la communauté musulmane et celle de la communauté juive qu’il ne faut pas oublier et qui étaient à elle deux la majorité de la population. Il faut bien dire que à quelques exceptions près les communautés ne vivaient pas vraiment ensemble mais à coté les unes des autres. De Constantine Arabe je me rappelle le marché de la place des galettes et celui de la place Negrier à coté de la fameuse Medersa El Kettania fondée par Benbadis et d’où est sorti tout le mouvement du renouveau culturel arabo-musulman en Algérie qui fut une des sources du nationalisme. Elle se trouve tout à coté du Lycée où je faisais mes études mais à l’époque personne ne m’en parlais.

Constantine est une immense ville culturelle du point de vue des Algériens. De même le quartier juif de Constantine se trouve tout autour du lycée d’Aumale, la grande synagogue était sur la même place que la Medersa de Benbadis, nous autres potaches les soirs de sabbats nous avions vue par les fenêtres de nos dortoirs sur ces cérémonies de prières avec ces châles blancs et bleus et ces prières qui semblaient faire écho aux appels des muezzins voisins. Mais je crois qu’il faut surtout insister sur le cadre stupéfiant dans lequel tout ceci se passait : Un rocher à pic sur trois coté : au nord sur une plaine et à l’est et au sud sur des gorges. Philippeville, maintenant ou depuis toujours comme vous voulez : Skikda. Pour ceux qui suivaient le sport, je faisais de l’escrime à la Constantinoise, dans les escaliers en face de la pharmacie Franquet. Oh, je n’étais pas trop mauvais puisque je peux m’enorgueillir d’avoir remporté en l’espace de quinze jours, en Mai 1962, les championnats d’Algérie d’abord au Fleuret et la semaine suivante, à l’Epée.

Pour celui qui faisait de l’escrime dans la salle en bas à gauche des escaliers en face de la pharmacie Franquet et qui en Mai 1962 a remporté le championnat d’Algérie, je lui envoie ces deux photos où dans ce lieu , le judo, la danse et l’escrime faisaient bon ménage. De mon enfance passée dans ce lieu, j’ai le souvenir d’un grand panneau pendu à l’un des murs des armoiries de Constantine. En 1960 j’étais interne en médecine à l’hôpital civil de Constantine dans les services des docteurs Gozlan , puis Marill, puis Lebozec. Mais quand j’étais plus petit vers 1946 et 1947 alors que j’étais pensionnaire au lycée d’Aumale, où j’ai fait toutes mes études, je sortais le dimanche et j’étais reçu par la famille B-F au faubourg Lamy de votre enfance que j’ai donc bien connu.