La renaissance du rationalisme politique classique: Conférences et essais PDF

L’unité de ces pensées, comme le nom sous lequel on les regroupe, soulève toutefois de nombreux désaccords. La philosophie postmoderne désigne un ensemble d’études critiques menées entre les années 1950 et la renaissance du rationalisme politique classique: Conférences et essais PDF années 1970 voire 1980, qui rejettent en partie les tendances universalistes et rationalistes de la philosophie des modernes, ou cherchent à s’en distancer pour mieux les analyser.


Leo Strauss a exercé une influence considérable sur la formation de la volonté politique des élites libérales du XXe siècle. Il s’est attaché plus particulièrement à redéfinir les contours de ce qu’est la Politique au terme d’une discussion qui, par bien des aspects, renouvelle la fameuse querelle des Anciens et des Modernes. Sa critique de la modernité n’implique cependant pas le refuge dans la nostalgie de la tradition à jamais révolue. Strauss ne se contente pas d’être un grand interprète des penseurs classiques ; il parle pour le présent et pour l’avenir. Tels sont ici les enjeux, par exemple, de son analyse philosophique de la pensée de Heidegger dans ses conséquences politiques – l’une des plus fortes analyses jamais conduites de ce sujet controversé -, de son exposé magistral sur Socrate ; de son introduction à la philosophie médiévale ou aux rapports entre histoire et sciences de la culture. Tout conduit à la discussion sur le relativisme, caractérisé par Strauss comme le vrai mal du XXe siècle.

Ces présupposés de la pensée occidentale sont attaqués pour mettre en place une pensée de la nuance, de la différence ou de la subtilité. Nul plus profondément que Hegel ne l’a, nous semble-t-il, tenté. Derrida, L’écriture et la différence,  Violence et métaphysique , Seuil, 1967, p. Deleuze et Derrida se compléteraient aussi bien qu’elles s’opposent, elles auraient un  but  commun, des objectifs similaires, en partant de prémisses différentes.

Derrida est également l’inventeur de la déconstruction : il pratique la philosophie comme une forme de critique textuelle. Il critique le fait que la philosophie occidentale privilégie le concept de présence et le logos, que manifeste la parole, plutôt que l’absence et la trace, que manifestent l’écriture. Les écrits de Lyotard s’intéressent largement au rôle de la narration dans la culture humaine, et particulièrement à la façon dont ce rôle a changé lorsque nous avons quitté la modernité pour entrer dans une condition  postindustrielle  ou postmoderne. Foucault approche la philosophie postmoderne dans une optique historique, en se basant sur le structuralisme, mais en même temps il rejette ce dernier en remodelant l’histoire et en déstabilisant les structures philosophiques de la pensée occidentale.

Comme Lyotard, les deux sont sceptiques vis-à-vis de la vérité absolue ou des prétentions à des vérités universelles. Aux États-Unis, le plus connu des postmodernistes est Richard Rorty. Articles détaillés : Cultural studies et French Theory. La philosophie postmoderne est très semblable au post-structuralisme. Considérer les deux comme identiques ou fondamentalement différents dépend généralement de l’implication personnelle vis-à-vis de ces questions. Les personnes opposées au postmodernisme ou au post-structuralisme rassemblent souvent les deux en un. De l’autre côté, les partisans de ces doctrines font des distinctions plus subtiles.

1967, part du structuralisme pour mieux le dépasser dans sa propre théorie de l’écriture et de l’invention littéraire. La méthode d’écriture employée par certains philosophes postmodernes a été critiquée de manière virulente par les physiciens Alan Sokal et Jean Bricmont. Les philosophes mis en cause contestèrent la méthode et soutinrent que la condition de physicien d’Alan Sokal ne lui permettait pas d’appréhender la portée symbolique ou métaphorique de l’usage de termes physiques ou mathématiques. Bruno Latour publie en 1991 Nous n’avons jamais été modernes : Essai d’anthropologie symétrique en s’inscrivant dans une tradition philosophique qu’il qualifie de  non-moderne , par opposition aux modernes et aux postmodernes.

Des physiciens ont également critiqué Sokal et Bricmont en leur rappelant que c’était du champ même de la physique qu’étaient nées certaines des conceptions les plus relativistes ou paradoxales sur le monde, qui ont ensuite été relayées par le postmodernisme. Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux États-Unis, La Découverte, Paris, 2003. Les théoriciens structuralistes de la littérature et du langage Roland Barthes, Gérard Genette et Roman Jakobson ont influencé les philosophes postmodernes. Gilbert Hottois, De la Renaissance à la Postmodernité : Une histoire de la philosophie moderne et contemporaine, ch. 20 :  Trois philosophes français de la différence , éd. Foucault, Deleuze et Derrida ont explicitement pris leurs distances par rapport au structuralisme. Avec un bémol cependant : Žižek critique les cultural studies et se réclame plutôt du modernisme.

Voir le chapitre cinq de Vous avez dit totalitarisme ? Voir dans l’article Michel Foucault, section  Philosophie , la sous-section  Affiliation philosophique . Charles Jencks, Le langage de l’architecture postmoderne, 1977, Academie editions, London. Comme on le sait, c’est l’architecture qui a offert à la philosophie le concept de postmodernité.

Sa vocation au sein du champ architectural était, au départ du moins, tout à fait claire. Il avait l’ambition de sonner le glas de la modernité architecturale, et, en particulier, de ses dérives fonctionnalistes. Ce diagnostic a, je crois, été dramatisé avec le plus de force au début de l’ouvrage de Ch. L’expression  maîtres du soupçon  est appliquée aux trois penseurs : Karl Marx, Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud, par Paul Ricœur, dans De l’interprétation. Essai sur Sigmund Freud, Seuil, 1965.

La Volonté de puissance, qui était alors considéré comme authentique : cf. Le psychanalyste Jacques Lacan, influencé par Freud, est lui-même inclus la plupart du temps dans ce que les Américains appellent  French Theory . Heidegger inspira notamment la critique de l’hégémonie technologique, point commun aux différents philosophes postmodernes. Gestell, traduit à présent par  dispositif  : cf. Pour une critique radicale et postmoderne de l’humanisme, cf. Peter Sloterdijk, Règles pour le parc humain, 1999. Jacques Derrida, De la grammatologie, 1967.