La Philosophie de Kelsen PDF

Hans Kelsen appartient au mouvement du positivisme juridique, qui s’oppose au jusnaturalisme en prétendant décrire objectivement tout système juridique, sans faire appel à des valeurs morales extrinsèques au droit. Il enseigna au Juridicum de Vienne entre 1911 la Philosophie de Kelsen PDF 1929.


Si elle paraît avoir durablement modifié la trajectoire de la philosophie du droit contemporaine, l’œuvre de Kelsen demeure, d’une certaine manière, méconnue. On étudie la Théorie pure du droit uniquement en elle-même ; et de là provient l’idée qu’elle fonctionnerait uniquement selon sa logique propre. Mais la pensée de Kelsen ne prend véritablement son sens que dans son contexte philosophique ; et ce contexte est celui de la première philosophie analytique et du positivisme logique du Cercle de Vienne. La Théorie pure apparaît alors comme philosophie du langage et le droit comme forme du langage. Le statut épistémologique de la Théorie pure, dans son rapport à la science, s’apparente à celui, non moins paradoxal, du Tractatus de Wittgenstein. Laisser apparaître les liens entre Kelsen et la philosophie du langage qui lui est contemporaine amène une nouvelle lecture de la Théorie pure, qui contribuera à expliquer la persistance de son influence sur la philosophie du droit.

Hans Kelsen est le fondateur de l’école normativiste et à l’origine de la théorie dite de la pyramide des normes ou théorie pure du droit. Le principe fondamental de cette théorie s’appuie sur l’idée de conformité. Ainsi, la norme inférieure valide ne peut être contraire à la norme qui lui est immédiatement supérieure. Si tel est le cas, un contentieux pourra aboutir à l’ annulation  ou la  correction  de la norme inférieure contraire invalide. Cette considération théorique a permis d’expliquer et de favoriser l’émergence du contrôle de constitutionnalité dans les pays européens . Cette norme, de nature logico-transcendentale — Kelsen est en effet fortement influencé par le néokantisme —, est considérée comme une supposition nécessaire de l’esprit juridique, qui assure la cohérence de l’ordre juridique. Pour essayer de répondre à ces critiques, Kelsen a procédé à d’importants remaniements de sa théorie, si bien que l’on distingue généralement deux temps dans son œuvre : avant l’exil américain et après ce dernier.

La majorité des commentateurs s’accorde toutefois aujourd’hui à penser que la critique qui ferait de Kelsen un jusnaturaliste qui s’ignore n’est pas fondée. En tant que norme, elle appartient au monde du devoir-être et ne peut rien causer qui ressortit du monde des faits. La Grundnorm est un postulat, une norme hypothétique, supposée et non posée. Elle est un choix épistémologique qui nous permet de comprendre la juridicité de la Constitution et donc de l’ensemble de l’ordre juridique. Selon Kelsen, le juge constitutionnel n’a pas pour vocation d’instaurer un gouvernement des juges, dans lequel sa censure de la loi lors du contrôle de constitutionnalité aurait des aspirations politiques.

Contrôler l’expression directe de cette souveraineté via les lois référendaires reviendrait à violer objectivement les termes mêmes de la Constitution. Il a collaboré à la rédaction de la constitution autrichienne de 1920. Il essaie de définir cette notion qui est loin de l’être en réalité. Kelsen est souvent considéré comme le principal représentant du positivisme juridique, notamment par les tenants de théories rivales comme le jusnaturalisme. Bien qu’il revendique lui-même cette affiliation, quelques théoriciens notables la contestent. Sa pensée sur la philosophie politique est fortement influencée par Kant et Hume. La garantie juridictionnelle de la Constitution .