La crise de l’empire 1810 – 1811 PDF

Pour solitaire qu’il fut, Napoléon ne gouverna pas pour autant seul ni esseulé. Il appuya la marche de son gouvernement sur une dizaine de départements ministériels qu’il confia à une trentaine d’la crise de l’empire 1810 – 1811 PDF. Aux termes de l’article premier de la Constitution du 18 mai 1804, le gouvernement de la France était confié, exclusivement, aux mains d’un Empereur des Français. Les ministres ne participaient à l’acte de gouverner que dans sa phase d’exécution.


Ils servaient davantage d’aide à la réflexion qu’à la prise de décision. Preuve en est, les décrets de l’Empereur étaient signés par lui seul et contresignés pour la forme par le ministre secrétaire d’Etat dans le cabinet de travail de l’Empereur. Aux ministres d’assurer l’exécution des décisions de l’Empereur. Ils obéissait à l’Empereur duquel ils tiraient directement ses ordres et ses volontés. Celui-ci gardait la main haute sur leurs faits et gestes, décidait en dernier ressort et ne tolérait pas qu’ils interprètent mal ses directives ou outrepassent leurs prérogatives ou le champ de leur portefeuille. Ils commandaient leur administration et géraient la carrière de leurs agents. Les ministres n’étaient responsables que devant l’Empereur qui les nommait, les révoquait et duquel ils tiraient leur légitimité.

En termes de pouvoir politique et d’autorité constitutionnelle, les ministres venaient immédiatement après l’Empereur, premier représentant de la nation. L’Empereur rappela à plusieurs occasions que, dans l’action administrative, personne n’était au-dessus des ministres, pas même les membres de la famille impériale, les grands dignitaires de l’Empire ou les gouverneurs généraux de province. Symboliquement, Napoléon accompagnait la nomination ministérielle à un bagage d’honneurs et de dignités. Ils avaient de droit leurs entrées à la cour impériale. Le secrétariat général des consuls inspire à Napoléon le secrétariat d’Etat qu’il crée en 1799 et dont le titulaire prend rang de ministre à compter de 1804. Il suit le travail ministériel au quotidien, et la correspondance des ministres avec l’Empereur passe entre ses mains.

Il rédige les comptes-rendus des conseils et suivait la mise en œuvre des décisions impériales. Le ministre secrétaire d’Etat réglait en quelque sorte le travail de la branche exécutive. Avec le cabinet de l’Empereur, la secrétairerie d’État entretient des rapports étroits. Elle comprend notamment une division des expéditions, une division de la correspondance et une division des archives.

Cette dernière, sous l’égide du baron Fain, a rassemblé et recueilli des milliers de documents qui font aujourd’hui le miel des historiens du Consulat et de l’Empire. Cette responsabilité écrasante explique sans doute le nombre important de titulaires du portefeuille. Département ministériel au cœur du dispositif napoléonien, le ministère de la Police est une création du Directoire conservée par le Consulat et l’Empire. Il est chargé de la sûreté et de la tranquillité intérieure sur l’ensemble du territoire, du maintien de l’ordre public et de la répression de la mendicité et du vagabondage. Il compte une division de la police secrète chargée des affaires relatives à la sûreté générale de l’État et à la découverte des complots et manœuvres subversives. Affaires étrangères, le département des Relations extérieures a la responsabilité de la négociation et l’exécution des traités de politique et de commerce, la correspondance avec les ambassadeurs et consuls étrangers en France et des ambassadeurs de l’Empereur près les puissances étrangères. Le ministère de la Guerre est chargé de la levée et de l’organisation des armées, du matériel de l’artillerie et du génie, des écoles militaires, des fortifications et places de guerre, de la police militaire et de la discipline, des emplois, soldes et retraites des soldats.

Le ministre de la Guerre a autorité sur les commandants des divisions qui quadrillent le territoire de l’Empire. Il ne doit pas être confondu avec le major général de la grande armée, qui lui commande l’armée, quoique de 1804 à 1807, le maréchal Berthier cumula les deux fonctions. Il compte huit divisions : fonds et revues, nominations, opérations militaires, organisation des troupes, retraites, artillerie, génie, police militaire. Il compte également deux directions générales : revues et conscription, poudres et salpêtres. L’Hôtel des Invalides lui est attaché comme établissement autonome. Il compte plusieurs bureaux ainsi que deux grandes directions générales : vivres de guerre, habillement et équipement des troupes. En matière militaire, le ministère de la Marine est le pendant de ceux de la Guerre et de l’Administration de la Guerre : il est responsable de la levée et l’organisation des flottes, escadres et divisions navales.

Il administre les carrières des marins, les hôpitaux de la marine, les ports et les arsenaux au service de la marine. En matière civile, il dirige les douze arrondissements forestiers de la marine chargés de rechercher et d’exploiter les bois propres aux constructions navales. Enfin, le ministre de la Marine exerce la direction des établissements et comptoirs français aux Antilles, en Asie, en Afrique et en Amérique. Il a autorité sur les préfets maritimes et sur les commissaires des relations commerciales en poste à l’étranger. Six directions générales lui sont attachées : liquidation de la dette, droits réunis, enregistrement et domaines, postes, forêts, sans compter la Caisse d’amortissement. Le ministère du Trésor règle les dépenses publiques, distribue les fonds entre les ministères, autorise le paiement de leurs dettes, enregistre les mutations du grand livre de la dette publique, surveille les receveurs et payeurs de l’État et suit le recouvrement des débets par le biais de l’agence judiciaire du Trésor. Créé en 1811, en pleine crise économique, et doté d’un ministre en 1812, le ministère du Commerce reçoit des compétences retirées à l’Intérieur et aux Finances principalement.