L’origine qui vient : Une eschatologie chrétienne pour le XXIe siècle PDF

Philippe Nemo, né le 11 mai l’origine qui vient : Une eschatologie chrétienne pour le XXIe siècle PDF à Paris, est un philosophe français. Il est professeur de philosophie politique et sociale à l’ESCP Europe et à HEC Paris pendant trente ans, et fonde un centre de recherche en philosophie économique.


Quelle vision de la fin des temps en registre chrétien au XXIe siècle? Ce questionnement aux allures de défi est développé dans cet ouvrage via une approche interdisciplinaire, au croisement de la théologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Au-delà de la métaphysique qui apparaît comme une catégorie dépassée pour évoquer aujourd’hui l’eschatologie, l’auteur développe une pensée existentielle du devenir, propre à orienter les questions sur la fin des temps dans une perspective contemporaine. La pensée de Soren Kierkegaard est ici abondamment développée. Sur la question du sens de l’eschatologie, cette recherche convoque également les pensées de Paul Ricoeur et Jacques Lacan pour explorer, à partir d’elles, les champs anthropologiques de la représentation et du désir. En reprenant une lecture des grands textes bibliques de la fin des temps à la lumière de ces réflexions, l’auteur offre d’en saisir quelques retombées significatives sur la subjectivité, la création, l’éthique et la politique. A l’heure où la théologie cherche de nouvelles marques, l’ouvrage de ce jeune chercheur s’inscrit dans une perspective innovante, propre à intéresser des lecteurs en quête d’une légitimation contemporaine de la tradition chrétienne.

En 2016, il fonde avec six autres universitaires l’École professorale de Paris, dont il assure depuis la direction. Spécialisé en philosophie politique, ses domaines de recherches s’étendent de l’histoire des idées politiques, notamment du libéralisme, aux questions éducatives, religieuses et esthétiques. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont La Société de droit selon F. Histoire des Idées politiques dans l’Antiquité et au Moyen Âge. En 1981, il est nommé maître de conférences à l’Institut Auguste-Comte, mais l’établissement est supprimé peu après par la nouvelle majorité. En 1982, il devient professeur à l’ESCP Europe, et devient responsable des enseignements de sciences sociales et humanités. En parallèle, il est maître de conférences à HEC Paris, où il enseigne la philosophie et l’histoire des idées politiques et sociales.

Il enseigne pendant trente-quatre ans dans ces deux écoles. Il est membre du conseil scientifique de l’Institut Turgot. En 1974, il devient producteur, à France Culture, d’une émission hebdomadaire intitulée L’Autre Scène ou les Vivants et les Dieux, consacrée à la philosophie et à l’histoire des religions, qu’il réalise en alternance avec Claude Mettra. D’août 2011 à décembre 2017, il dirige toutes les quatre semaines l’émission Le Monde de la philosophie sur Radio Courtoisie.

Rémi Soulié le remplace en janvier 2018. Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Ce petit livre sera traduit en une dizaine de langues. Nemo se concentre ensuite sur la philosophie politique et sociale. Avec Henri Lepage, il est l’un des divulgateurs de la pensée de Hayek dans le monde francophone, notamment par son livre La Société de droit selon F. Il estime que les institutions politiques et juridiques des pays occidentaux modernes, qui valorisent et garantissent les libertés individuelles, sont le fruit d’une longue évolution où le christianisme a joué un rôle majeur. Nemo publie, en ce sens, Qu’est-ce que l’Occident?

Nemo montre que les lois de censure restreignant, à partir des années 1970, les libertés garanties jusque-là par la grande loi républicaine de 1881 sur la liberté de la presse, aboutit à bloquer la démarche critique dans le débat intellectuel. Au delà de la philosophie politique, Philippe Nemo a travaillé également sur les questions de philosophie de l’éducation, de philosophie religieuse et esthétique. Sur la crise de l’éducation en France, il a publié Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry? Nemo, les professeurs de l’Ecole professorale de Paris ont exposé les grandes lignes des programmes d’une école secondaire rénovée, qui retrouverait les exigences intellectuelles des lycées antérieurs aux réformes des années 1960 et 1970, et se déciderait à commencer dès la classe de 6ème une étude raisonnée des sciences. Il y soutient que l’athéisme philosophique a épuisé ses arguments en deux siècles d’histoire intellectuelle européenne. Dans sa jeunesse, Nemo avait réalisé pour France Culture une série d’entretiens avec Georges Brassens.

Dans la suite de son œuvre, il a tenté d’apporter des contributions à la philosophie de l’art. Nemo approfondit ces analyses et étudie les relations qui existent entre beauté et liberté. Il montre que les sociétés restreignant les libertés enlaidissent la vie individuelle et sociale, et qu’inversement la vie ne peut être belle que là où règne la liberté, qui permet seule la création, l’avénement du Nouveau et le contact avec l’Absolu. La thèse de Job et l’excès du mal est que le Livre de Job, qui a failli ne pas être inclus dans le canon de l’Ancien Testament, est porteur d’un aspect essentiel de la Révélation biblique. Dieu en des termes qui font songer par avance à ce que sera le Dieu incarné, Jésus-Christ.

Comment l’auteur est-il conduit à se représenter Dieu comme ayant un visage humain ? Il narre l’histoire d’un homme, Job, atteint d’une grave maladie, donnée comme un mal non seulement extrême, mais inexplicable, fou, inintégrable à aucune pensée humaine, ce que Nemo appelle l’ excès du mal . Job n’accepte pas cette vision qui ne correspond pas à son expérience. Il a l’intuition que le mal n’est pas dans l’ordre et qu’il est, au contraire, irréductiblement anormal. Et dès lors qu’il n’est pas un phénomène interne au monde, il a sans doute une autre origine, extra-mondaine, il émane d’un être libre par rapport à la Loi et situé au-delà d’elle. Cette révélation provoque en Job une mutation morale intime. Il comprend que, dès lors qu’il a été créé par un tel Dieu, il ne saurait être lui-même un simple être de nature, rouage d’un monde dénué de sens.