L’Irréductible : Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) PDF

Il meurt à l’asile d’aliénés de Charenton Saint Maurice. Jean-Jacques Pauvert qui le sort de la clandestinité en l’Irréductible : Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) PDF ouvertement ses œuvres sous son nom d’éditeur, malgré la censure officielle dont il triomphe par un procès en appel en 1957, défendu par maître Maurice Garçon. Son nom est passé à la postérité sous forme de substantif.


À l’aliénation, au sentiment d’étrangeté qui pétrifie l’individu, le perdant dans le temps, le noyant dans l’espace, Rousseau ne se contente pas d’opposer le déni mondain des procurateurs enveloppés dans une confortable robe de chambre. Il regimbe. Peste. S’insurge. Les doigts endoloris ou affligés d’onglée, grattant au carreau de Monquin, à celui des Charmettes, le givre d’une vie que d’ineptes conditions sociales exposent à toutes les intempéries, les plus triviales comme les plus hautement affectives. Ce qu’il pressent, du reste, ou dont il fait l’expérience, amère, douloureuse, ne concerne pas au premier chef l’inégalité, qui, tout intolérable qu’elle soit, n’est pas instigatrice. La propriété en revanche, et Jean-Jacques, délibérément, n’y accédera, fonde la dépossession, laquelle voue chacun à l’existence spectrale, des morts-vivants exclus de leur propre domaine : le monde, ce monde, invente la solitude.

Marie Éléonore de Maillé de Carman. Le marquis utilise dans la plupart de ses actes officiels les prénoms qui lui étaient destinés, entretenant une confusion qui aura des conséquences fâcheuses lors de sa demande de radiation sur la liste des émigrés. Le comte de Sade, père du marquis, militaire, diplomate, poète, philosophe et libertin, par Nattier. Jean-Baptiste François Joseph de Sade, père de Donatien de Sade est, par droit d’aînesse, le chef de la famille. Homme d’esprit, grand séducteur, prodigue et libertin, avant de revenir à la religion à l’approche de la cinquantaine, le père du marquis est le premier Sade à quitter la Provence et à s’aventurer à la Cour. Comme son frère l’abbé, il est assez lié avec Voltaire et a des prétentions littéraires.

Il se lance dans la diplomatie, se voit confier une négociation secrète à la cour de Londres, est nommé ambassadeur à la cour de Russie, nomination remise en cause à la mort du tsar Pierre II, puis ministre plénipotentiaire auprès de l’Électeur de Cologne. Donatien passe les trois premières années de sa vie à l’hôtel de Condé éloigné de ses parents. L’Isle-sur-la-Sorgue, où il s’est retiré après une existence mondaine. Donatien entre au collège Louis-le-Grand que dirigent les pères jésuites, établissement alors le mieux fréquenté et le plus cher de la capitale. Les représentations théâtrales organisées par les pères sont sans doute à l’origine de la passion de Sade pour l’art du comédien et la littérature dramatique. Il a à peine quatorze ans lorsqu’il est reçu à l’École des chevau-légers de la garde du roi, en garnison à Versailles, qui n’accepte que des jeunes gens de la plus ancienne noblesse.

La seule appréciation retrouvée sur ses états de service en 1763 montre que le jeune homme a été un cavalier courageux. Mais il a déjà la pire réputation. Il est joueur, prodigue et débauché. Il fréquente les coulisses des théâtres et les maisons des proxénètes.

Il est assurément peu de plus mauvaises écoles que celles des garnisons, peu où un jeune homme corrompe plus tôt et son ton et ses mœurs , écrit-il lui-même dans Aline et Valcour. Sade lui cherche une riche héritière. Donatien voudrait épouser Laure de Lauris-Castellane, héritière d’une vieille famille du Luberon dont il est amoureux fou et avec qui il a une liaison. Les deux familles se connaissent bien, le grand-père du marquis et M. Aides de Paris, de petite noblesse de robe, mais dont la fortune dépasse largement celle des Sade, est célébré à Paris en l’église Saint-Roch. Il n’existe pas de portrait de Renée-Pélagie.