Je cherche les traces de ma mère : Chroniques des archives PDF

Ce que je fais n’est pas grave, en fait, ou du moins, c’est pour une bonne cause. La certitude de l’impunité n’a pas à je cherche les traces de ma mère : Chroniques des archives PDF avérée.


« -Je voudrais le 97, rue de Charonne. […] C’est pour les spoliations. […] Marcel quitte la salle de lecture et je ne le reverrai jamais. l’ignore s’il a trouvé une fiche au 97, rue de Charonne. le sais seulement qu’à cette adresse s’est figé quelque chose de lourd et d’immuable […]. L’un de ses parent a-t-il été arrêté, interné ou déporté? Cela ne me regarde pas, mais je suis curieuse et rarement indifférente aux questions qui me sont posées. Je n’ai pas à poursuivre à son insu la recherche qui l’habite je suis seulement témoin de multiples arrêts sur image. » De 1997 à 2ooo, Caroline Piketty a travaillé au sein de la Mission d’étude sur la spoliation des juifs de France, mieux connue sous le nom de mission Mattéoli. Après les résultats de celle-ci, ceux qui sont venus la voir aux Archives nationales pour leur famille spoliée ou exterminée sous l’Occupation énonçaient avec pudeur et émotion des mots semblant émerger après de longues années d’un deuil lourd à porter et à assumer. En 42 « chroniques », l’auteur nous fait vivre cette expérience, partager ces émotions et cette mémoire. L’Occupation, mais pas seulement: c’est le monde infini des archives que l’on entrevoit, chaque question de visiteur vous transportant sur un continent différent, de la littérature libertine du XVIIe siècle à la rue des Rosiers en 1942. Dévoilant avec pudeur et justesse des tranches de vie d’hier ou d’aujourd’hui, Caroline Piketty nous fait partager son métier d’archiviste, accompagnatrice de ses interlocuteurs dans leur quête d’un passé toujours présent.

D’ailleurs, la plupart des gibiers de prétoire avaient la certitude de ne pas être pris. La plupart d’entre nous avons des inhibitions, ou une force de volonté, pour présenter ça sous un jour plus noble, suffisante pour que nous rejetions l’idée à peine germée. De toutes façons, il est assuré. DVD, et j’ai pas les moyens d’aller au ciné, alors ils perdent rien. Puis de toutes façons, ils sont déjà pété de thunes, eux. C’est là une différence essentielle avec certaines formes de délinquance idéologique : non seulement le délinquant se fiche d’échapper à la sanction, mais il en tirera une satisfaction de martyr et fera de son procès une tribune médiatique. D’où une plus grande sévérité, non pas à cause de l’idéologie, mais du fait que la réitération est à craindre vu l’absence manifeste de regrets.

Concernant d’abord les garanties de représentation, dont le détail est assez bien expliqué ici, petit conseil réservé aux proches des personnes poursuivies: concrètement, les juges n’ont guère le temps et les moyens de vérifier certaines affirmations de ceux qui passent en comparution immédiate, pas plus que les documents apportés par ceux qui sont à l’extérieur Bien penser ceci dit que tout doit être cohérent. Je lui ai fait remarquer que forger un faux est puni de trois ans de prison, et le produire en justice, de la même peine. La CI est une justice d’abattage, ce qui signifie que les dossiers sont légers voire vides, bâtis à la hâte avec quelques PV policiers, et que les juges n’ont pas les moyens de vérifier quoi que ce soit. Il ne s’agit alors que de retourner un peu à l’avantage des personnes poursuivies cet état de fait déplorable. Quant à la « vérité », personne n’y croit et surtout pas la police et le procureur qui bâtissent l’accusation. Un délinquant, le plus souvent, c’est ça. C’est quelqu’un qui se trouve une justification pour passer à l’acte et se convainc qu’il ne sera pas pris.

Jusqu’à ce qu’on vous l’amène menotté avant une CI. Et une petite histoire pour finir. Le procureur regarde la pièce, fronce les sourcils, et demande s’il peut la garder pour le moment. Arrive le tour du brillant juriste. C’est bien le certificat de scolarité que vous avez produit ? Monsieur, vous savez que j’ai fait la même fac que vous ? C’est une bêtise, je sais pas ce qui m’a pris, je ne le referai jamais.

Au point de ne plus porter le cachet de la faculté ? J’ajoute que le doyen n’avait pas l’habitude de faire de grossières fautes d’orthographe dans les certificats de scolarité. Je garde cette pièce, et vais ouvrir une enquête préliminaire pour m’assurer auprès de la faculté que vous y êtes bien inscrit. Le président : Vous avez quelque chose à dire, sur ce point ? Et le prévenu de reconnaître, tout penaud, qu’il avait fait croire à son père qu’il était inscrit à la fac de droit et avait fabriqué ce faux certificat pour lui. Et l’impression sur le tribunal : le voleur escroc est aussi un faussaire à l’égard de son père et de la justice.

Et son père lui a, je le crains, coupé les vivres. Il faudra un jour que je revienne sur le mot « morale » : depuis que j’ai lu chez vous à de nombreuses reprises la distinction forte que vous faites entre droit et morale, ça me turlupine. Il a eu la monnaie de sa pièce le jeune en question. Article très divertissant merci beaucoup Maitre. Il y a vraiment une escroquerie dans le fait de voler un chèque et de l’utiliser ?

Dans ce cas, la manœuvre ne parait pas très élaboré. Donc vous avez raison, ça devait être une carte de crédit. L’anecdote me fait penser à une petite histoire racontée par mon prof d’institutions administratives pour nous dire que l’on devait, en tant qu’étudiants en droit, être plus irréprochables que les autres citoyens. Alors qu’il était, lui-même étudiant en droit, ce professeur s’est rendu à une audience correctionnelle.