Histoire de la Shoah PDF

Ravin de Babi Yar à Kiev. 1942 du camp de concentration de Histoire de la Shoah PDF. Le 22 juin 1941, plus de trois millions de soldats allemands envahissent le territoire soviétique. En quelques semaines, l’occupation des pays baltes et de la partie orientale de la Pologne est effective.


Entre 1939 et 1945, l’Allemagne nazie, secondée par de nombreuses complicités, a assassiné entre cinq et six millions de Juifs européens dans le silence quasi complet du monde. Le temps lui a manqué pour détruire le peuple juif tout entier, comme elle l’avait décidé. Telle est la réalité brute du génocide juif, en hébreu : shoah.
La décision de « faire disparaître » le peuple juif de la terre signait la spécificité d’une entreprise, unique à ce jour, de modifier la configuration même de l’humanité. En ce sens, depuis Auschwitz, au-delà du seul peuple juif, notre statut même d’être humain est en question.

Sur quatre millions de Juifs vivants en URSS au début de l’opération, un million et demi fuient et les autres tombent sous le contrôle des forces nazies. Juifs et commissaires politiques communistes de l’URSS. Les Panzergruppen allemands ont encerclé Kiev pour enfermer une forte concentration de soldats russes. Les forces spéciales du NKVD présentes à Kiev, connaissant la tactique d’occupation des Allemands, ont préparé un gigantesque piège. C’était le 24 septembre, vers quatre heures de l’après-midi. L’immeuble de la Kommandantur, avec le Monde des enfants au rez-de-chaussée, sauta. Une colonne de feu et de fumée jaillit au coin de la rue Proreznaïa.

La foule se mit à courir : les uns fuyant le lieu de l’explosion, les autres, au contraire, accourant pour voir. La panique s’empara de la foule. L’avenue Krechtchatik était effectivement en train de sauter. Anatoli Kouznetsov, Babi Yar, éditions Robert Laffont, 2011, pp. Nous avions à peine occupé la ville, qu’il y eut une suite d’énormes explosions. Le commandant de la place de Kiev pensa d’abord que la responsabilité du désastre incombait à la population civile locale. NKVD en plein cœur de Kiev à la suite de l’arrivée des troupes allemandes dans la ville, ce sont les Juifs qui seront tenus pour responsables et massacrés à Babi Yar.

Blobel prépare dès le 25 septembre la  grande action , soit la liquidation des Juifs de Kiev, à la suite de ces attentats. Communiqué du 28 septembre 1941, en russe, ukrainien et allemand. Ils devront être munis de leurs papiers d’identité, d’argent, de leurs objets de valeurs, ainsi que de vêtements chauds, de linge, etc. Les Juifs qui ne se conformeront pas à cette ordonnance et seront trouvés dans un autre lieu seront fusillés. Anatoli Kouznetsov, Babi Yar, Robert Laffont, 2011, p. Dina se frayait avec peine un chemin dans la foule, de plus en plus inquiète, et c’est alors qu’elle vit un peu plus loin, tout le monde déposait ses affaires : les vêtements, les paquets et les valises dans le tas de gauche, et toutes les provisions à droite.

Anatoli Kouznetsov, Babi Yar, éditions Robert Laffont, 2011, p. Immédiatement après mon arrivée sur les lieux d’exécution, j’ai dû descendre au fond de ces gorges avec mes camarades. Il n’a pas fallu attendre longtemps avant que les premiers Juifs soient amenés et descendent la pente. Les Juifs devaient se coucher le visage contre la paroi du gouffre. Au fond du gouffre, les tireurs avaient été divisés en trois groupes d’environ douze hommes. Les Juifs étaient tous conduits en même temps aux pelotons d’exécution.

Ernst Klee, Willy Dressen, Volker Riess, Pour eux,  c’était le bon temps  la vie ordinaire des bourreaux nazis, Plon, 1990, p. Les Juifs de Kiev se rassemblèrent au lieu ordonné, s’attendant à être embarqués dans des trains :  Comme bien des gens, elle avait cru jusque-là qu’un train les attendait. C’est la guerre, c’est la guerre ! On nous emmène quelque part plus loin où c’est plus tranquille. Ils furent conduits à travers un corridor formé de soldats, roués de coups de crosse, puis forcés à se déshabiller et conduits au bord du ravin et exécutés. Ce couloir était étroit, d’un mètre cinquante environ. Les soldats se tenaient épaule contre épaule, les manches retroussées, et tous étaient armés de matraques en caoutchouc ou de grands bâtons.

Et les coups se mirent à pleuvoir. 22 000 personnes sont tuées dès le premier jour. On estime qu’environ 100 000 personnes ont été tuées sur ce qui est devenu un véritable lieu d’extermination. En août et septembre 1943, Paul Blobel à la tête du Kommando 1005 a fait exhumer les corps pour les brûler et les faire ainsi disparaître. Dans les mois qui suivirent, 60 000 exécutions eurent lieu au même endroit sur des Juifs, Polonais, Tsiganes, Ukrainiens. Parmi eux se trouvait la poétesse et militante nationaliste ukrainienne Olena Teliha.