Europe, numéro 894 : Jean Cocteau PDF

Le bâtiment des moines et les canaux. Depuis 1964 la Europe, numéro 894 : Jean Cocteau PDF Royaumont occupe et entretient les lieux. Louis IX, devenu Saint-Louis, fondateur de l’abbaye. Unique représentation fidèle connue du roi.


Connaissez-vous Cocteau ? La question peut surprendre. Elle est aussi légitime que celle que posait Aragon en 1952 : Avez-vous lu Victor Hugo ? tant il est vrai que Jean Cocteau comme son œuvre inspirent encore préjugés de tous bords, préventions de tous types. En 1922, Max Jacob écrivait déjà :  » Au nom de Jean Cocteau, on est interrompu par des clameurs et par l’expressio
de tous les sentiments qui remplacent souvent la critique.  » Notre époque persiste à transmettre l’image d’un homme à la fois subversif et mondain, novateur et suiviste, tantôt tenu pour un touche-à-tout, tantôt célébré pour sa dimension multimédiale. Quarante ans après la mort de Cocteau, le temps est venu de redécouvrir son œuvre sous des angles nouveaux, libérés des préjugés et des contraintes de pensée. Des chercheurs, des écrivains, des artistes s’y emploient dans ce numéro d’Europe, abordant la plupart des domaines où ce Protée de la modernité s’est illustré. ETUDES ET TEXTES DE
David Gullentops, Serge Linares, Jean-Pierre Millecam, Michel Deguy, Michel Décaudin, Étienne-Alain Hubert, Michel Jarrety, Nathalie Piégay, Pierre Caizergues, Danielle Chaperon, Jean Babilée, Suzanne Winter, Pierre Chanel, Bertrand Tillier, Georges Mathieu, Anne-Elisabeth Halpern, Lucien Clergue, Francis Ramirez, Christian Rolot, Nicole Stéphane, Dominique Nasta, Philip Glass, Malou Haine, Dominique Rolin, Pierre Bergé

Louis VIII avait prononcé comme l’un de ses derniers vœux la fondation d’un monastère dédié à la Vierge et affilié à Saint-Victor de Paris. Pierres tombales de deux petit-fils de saint Louis. La construction de l’abbaye fut achevée le 19 octobre 1235, seulement sept ans après la charte de fondation. Cette somme correspondait peu ou prou aux deux tiers des revenus annuels de la Monarchie. Royaumont, soit deux à trois fois par an.

Pignon ouest du bâtiment des latrines, avec la tour de guet pris longtemps pour la prison de l’abbaye. Saint-Louis séjourna souvent à Royaumont, partageant alors la vie des moines tout au long de la journée. Pendant les offices, il prenait place à côté de l’abbé, mais sinon ne cherchait point à occuper une situation privilégiée. Le roi servait les moines à table, demandait à leur laver les pieds dans le cloître selon une habitude des bénédictins et soignait les moines malades, dont un moine lépreux, le frère Léger. Dès juillet 1258, l’abbaye donna tous les jours l’aumône aux indigents des environs au lieu de trois fois par semaine, fréquence jugée insuffisante par l’abbé de Cîteaux. La vie monastique, rythmée par les prières, permettait à Saint Louis d’étancher sa soif de l’absolu.