Enfer nazi aux rivages de la Suède PDF

La littérature de la Shoah est constituée par les ouvrages littéraires qui témoignent directement ou évoquent l’anéantissement des Juifs par le nazisme entre 1939 et 1945. La littérature de la Shoah commence, avant même l’anéantissement dans les camps de concentration et d’extermination, dans les ghettos où sont entassés les Juifs de toute l’Europe allemande. Ce dernier crée d’ailleurs l’Oyneg Shabbos, organisation clandestine, suscitant et recueillant les archives du ghetto de Varsovie, un enfer nazi aux rivages de la Suède PDF de témoignages, d’œuvres littéraires et d’analyses sur les conditions de vie, d’alimentation et de création.


Deux témoignages bouleversants : A la fin de l’année 1938, les autorités suédoises accordèrent à 500 enfants juifs allemands l’autorisation de venir en Suède. Ils reçurent un permis de séjour dans le pays à condition d’émigrer dès que possible vers un autre État. Durant l’année 1939, 490 enfants environ se rendirent en Suède par l’intermédiaire des « transports d’enfants ». – 160 pages

Après la guerre, la Shoah est devenu un objet littéraire et philosophique de premier plan. Les textes de la Shoah se heurtent à la difficulté de raconter un événement sans précédent, avec des actes parfois tellement horribles qu’ils instillent chez les auteurs la peur de ne pas trouver les mots pour décrire et faire comprendre leur vraie nature. Rupture ou continuité des traditions littéraires juives? La Shoah, un événement unique dans l’histoire ? Les soubresauts de l’histoire juive : diaspora, persécutions régulières dès la première croisade, mises au ban de la société, pogroms, avaient conduit l’imaginaire juif à élaborer au cours des siècles de multiples figures pour dire le désastre. Elle reflète aussi le culte de l’écrit née d’une conception théologique du langage.

La nouvelle difficulté réside dans le témoignage d’une destruction totale. L’anéantissement, lui, échappe à toute tentative de dénomination. Il ne trouve pas sa place dans des canons préexistants et peut pas s’inscrire dans un temps cyclique de la Bible. La brutalité et la soudaineté de l’extermination suppriment non seulement la possibilité d’un présent et de l’avenir, mais également le passé. Les anciens codes, jadis immédiatement déchiffrables par la communauté ashkénaze, se révèlent soudain inappropriés, et pourtant irremplaçables.

Après Auschwitz, écrire de la poésie est barbare. Charlotte Wardi, professeur de littérature à l’université de Haïfa et rescapée de la Shoah, dénonce toute tentative d’esthétisation de la Shoah. Sur les six millions de Juifs assassinés, au moins 5,4 millions étaient des yiddishophones. Le yiddish a donc été presque entièrement anéanti en Europe en même temps que le monde juif pendant la Shoah, appelée le khurbn en yiddish. Dans ce contexte, écrire en yiddish, prend un sens encore plus lourd. L’écrivain se trouve dans une situation inextricable: s’il écrit en yiddish, son œuvre n’aura une audience que très réduite. S’il écrit dans une autre langue, il trahira les morts, la seule langue leur rendant vraiment justice étant le yiddish, la langue des exterminés.

Les publications en yiddish sont donc très nombreuses dans les années d’après-guerre. L’écrivain yiddish a aussi tendance à la sacralisation du yiddish lui-même, la langue réduite en cendres. L’écrivain doit aussi affronter le tabou de la mort à laquelle il a échappé. Les écrits des survivants de la Shoah sont marqués par la culpabilité qui croît au fil des années. Tu as honte parce que tu es vivant à la place d’un autre ?

Et en particulier d’un homme plus généreux, plus sensible, plus sage, plus utile, plus digne de vivre que toi ? Selekzion dans les camps ne tendait pas seulement à en décimer périodiquement les populations mais aussi à amener chaque prisonnier à se dire : cela aurait pu être moi, je suis la cause, peut-être la condition de la mort d’autrui. Cette culpabilité touche non seulement les générations contemporaines du cataclysme mais aussi celles qui lui sont postérieures. Il s’agit du récit de son enfance juive sous l’occupation nazie.

Elle exprime la détresse longtemps muette qu’elle a ressentie après la déportation et la mort à Auschwitz de son père rabbin. Peu de temps après elle se suicide. Pavel, le psychanalyste de Spiegelman, répond :  La vie est toujours du côté de la vie et d’une certaine manière on en veut aux victimes. Mais ce ne sont pas les MEILLEURS qui ont survécu, ni qui sont morts. La culpabilité se retrouve même dans l’écriture romanesque. Article détaillé : Liste des témoignages et journaux intimes écrits pendant la Shoah.