Empêcher la guerre: Le pacifisme du début du XIXe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale (1) PDF

Le Siège de Paris par Jean-Louis-Ernest Meissonier. Cette guerre fut considérée par Otto von Bismarck, qui fit tout pour qu’elle advienne, comme une conséquence de la défaite prussienne lors de la bataille d’Iéna de 1806 empêcher la guerre: Le pacifisme du début du XIXe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale (1) PDF l’Empire français.


Comment empêcher la guerre ?

Est-ce par un refus antimilitariste de porter les armes, ou par un effort préventif pour régler pacifiquement les conflits au moyen d’organismes internationaux ? Peut-on interdire de faire la guerre ? Y-a-t-il des guerres justes ? Pour se défendre par exemple si l’on est attaqué. Peut-on instituer un Droit de la guerre interdisant certaines pratiques ?

Le débat autour de la guerre et de la paix n’est pas récent. Dès le Moyen Age et la Renaissance des hommes d’Eglise s’interrogent. Au XVIIIe siècle certains rêvent d’instaurer une paix « perpétuelle ». Mais c’est au XIXe siècle et au XXe que philosophes, économistes, écrivains, hommes politiques, clercs élaborent de nombreux projets. Car, du précepte chrétien Tu ne tueras point à la conception marxiste d’une guerre capitaliste dont les prolétaires seraient les instruments et les victimes, le courant pacifiste s’exprime dans une multitude de mouvements d’inspiration variée, incarnés parfois par d’illustres personnalités.

Dans cet ouvrage Nadine-Josette Chaline, professeur émérite à l’Université de Picardie Jules Verne, révèle toute la diversité de ce pacifisme, son écho dans l’opinion publique, mais aussi son échec face à deux guerres mondiales qu’il n’aura pas su ou pas pu empêcher.

EXTRAIT

Eviter la guerre ou, une fois le combat engagé, l’arrêter… Tel est le but que se donnent divers groupes ou personnalités aspirant à faire disparaître la violence pour régler les différends susceptibles de survenir entre les pays. Ces efforts émanent d’hommes engagés depuis parfois longtemps dans une réflexion sur la nécessité et les moyens de maintenir la paix. En effet, un pacifisme aux multiples facettes se développe au cours du XIXe siècle, beaucoup plus discret que le nationalisme, mais surtout divisé en multiples tendances selon ses motivations. Utilisé pour la première fois au Congrès universel pour la Paix tenu à Glasgow en 1901, le terme « pacifisme » n’est d’ailleurs passé dans le langage courant qu’au début du XXe siècle et n’est admis dans le Dictionnaire de l’Académie qu’en 1930 après de longues discussions. Mais quelle paix veut-on ? Et par quels moyens l’obtenir, puis la garantir ?

Le traité de paix, signé le 10 mai à Francfort-sur-le-Main, consacrait la défaite de la France. Ce conflit se solda par la défaite de la France, et, forts de cette victoire, les États allemands s’unirent en un Empire allemand, proclamé au château de Versailles, le 18 janvier 1871. La Grèce, la Belgique et l’Italie y parvinrent. Napoléon III, devenu empereur des Français en 1852, souhaitait un remaniement de la carte de l’Europe.

Tout autre était la vision d’Otto von Bismarck, ministre-président de Prusse, qui, issu de la noblesse terrienne, était conservateur dans l’âme. La Prusse doit rassembler ses forces et les tenir en réserve pour un moment favorable qu’on a déjà laissé passer plusieurs fois. Depuis les traités de Vienne, nos frontières ne sont pas favorables au développement de notre État. Pour lui donc, primait la force. Pour réaliser l’unité de l’Allemagne autour de la Prusse, il convenait, en premier lieu, d’éliminer l’Autriche qui présidait la Confédération germanique rassemblant tous les États allemands dans un vaste ensemble dont le poids politique était à peu près nul. Sous l’impulsion de Bismarck, l’unité allemande ne suivit pas le même cheminement que celle de l’Italie.