Dialogue avec Delacroix PDF

Cinéaste, Enseignant, Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Afrique ressemble à un leurre dialogue avec Delacroix PDF ou à une impasse théorique. Non pas que les arts visuels africains soient moins riches qu’ailleurs. Non pas que la problématique de la représentation du sacré ou du spirituel soit moins importante qu’ailleurs : c’est peut-être au contraire ce qui les caractérise le mieux.


Dans ce nouvel essai, Michel Butor s’arrête devant l’une des peintures majeures de l’œuvre d’Eugène Delacroix  » la prise de Constantinople par les croisés « , et nous livre son regard curieux, passant et repassant ainsi la frontière des genres entre littérature et peinture. Michel Butor nous éclaire sur les personnages, le lieu, les objets qui composent ce fameux tableau de Delacroix daté de 1840, décrivant la croisade détournée sur Constantinople et dont les croisés firent le siège.

C’est ainsi que sont nées, du moins en partie, notre sympathie et notre compréhension pour les Primitifs, et nos affinités spirituelles avec eux. Tout comme nous, ces artistes purs ont essayé de ne représenter dans leurs œuvres que l’Essentiel Intérieur, par élimination de toute contingence extérieure. Rappelons quelques points essentiels à propos de l’art africain en général. D’abord la très grande diversité des ordres d’objets : statues, masques, meubles, instruments de toutes sortes, si l’on s’en tient à la sculpture. C’est le morcellement des styles—morcellement extrême que l’animisme, au caractère foncièrement parcellaire, ne pouvait guère qu’accentuer—qui restera ici la note dominante.

Dans la production artistique de nombreuses sociétés africaines, l’art de sculpter le bois joue un rôle si important que d’autres talents, ceux de céramiste ou de peintre, d’architecte ou d’orfèvre, de vannier ou de tisserand, paraissent n’occuper la scène que comme des éléments accessoires. D’une part, sa présence avec des objets de la vie quotidienne. Cet auteur étudie par exemple une série de  couvercles à proverbes  chez les Bawoyo et des calebasses pyrogravées chez les Fon. 1—L’art négro-africain est indissociable du travail humain. 2—C’est un art engagé dans la vie quotidienne. 3—C’est un art fondé sur des pratiques collectives.

L’art  n’est pas seulement l’affaire de quelques professionnels, mais l’affaire de tous parce que fait par et pour tous  . 4—Les différents formes d’art sont corrélées. La sculpture est indissociable de la danse, du chant et de l’activité :  Car les chants, voire les danses rythment le travail en l’accompagnant : ils aident à l’accomplissement de l’œuvre de l’Homme. 5—Le schématisme et la stylisation de l’art passe par l’image et le rythme. Senghor parle de  l’image symbole  et de  l’image analogie  en tant que moyen d’accéder à la  sensation du signifié .