De la réalité du monde sensible PDF

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Le monde sensible, que nous voyons, que nous touchons,
où nous vivons, est-il réel ? La question semblera
puérile aux hommes d’action, et je compte parmi eux
les hommes de pensée qui acceptent d’emblée les choses
pour en étudier sans retard les rapports et l’enchaînement.
Ce n’est pourtant pas une dispute d’école, car
l’esprit humain s’est interrogé sur la réalité de l’univers
bien avant qu’il y eût une tradition scolastique et des
raffinements artificiels de curiosité. Parménide, dans la
première et simple lumière de la pensée grecque, comparant
lejXLûade-A-J^âtre^-fi^voyait qu’une prodigieuse
illusion. Il ne s’agit point, d’ailleurs, de contester la
fealité du monde telle que l’entend le vulgaire. Celui-ci
croit naïvement à la réalité d’un objet sur les témoignages
concordants de ses sens : une pomme que l’on
peut voir, goûter, toucher, est une pomme ; et lorsqu’un
bâton bien visible et bien palpable lui caresse les
épaules, ce sont bien des coups de bâton qu’il reçoit.

Mensonges, malentendus, ambiguïté du langage font qu’on se méfie du discours et qu’on préfère s’en tenir à ce qu’on sent immédiatement être tel que cela se donne à notre perception. Les faits bruts sont estimés plus vrais que tous les discours qui les recouvrent : il y aurait ainsi une  vérité du sensible . Pourtant les sens sont aussi réputés trompeurs : illusions d’optique, flous tout cela interdit de tenir le témoignage des sens pour fiable. Le sensible est tout d’abord ce qui est susceptible d’être senti, ou, plus largement, l’ensemble des impressions et des représentations. Est-ce à dire qu’il y aurait une connaissance sans intervention rationnelle ? On peut le penser car il y a effectivement une évidence immédiate du sensible : la sensation assure le sujet sentant de la réalité de ce qu’il perçoit, elle est l’indice du vrai.

Cette fonction immédiate, dérivée des propriétés biologiques des animaux, a aussi des conséquences éthiques importantes. Comment dès lors trouver dans la sensation le critère d’une vérité de la représentation sensible ? Si donc la vérité est adéquation du jugement à la réalité, cette réalité ne saurait être sensible. En effet, une telle réalité doit être une réalité permanente, i. La thèse platonicienne de la vérité comme adéquation place les Idées au rang de normes destinées à évaluer la vérité des phénomènes. Le phénomène est dès lors ce qui de l’Idée apparaît dans le sensible, la chose phénoménale est donc moins réelle que l’Idée et donc aussi moins vraie . Cette dégradation s’aggrave avec la mimésis artistique, encore moins réelle et encore moins vraie que l’objet phénoménal.