Accueillir des femmes en détresse PDF

Pour les enfants : Une vie de chien ? Le désaccord entre deux personnes fait partie de la vie, il souligne la position singulière de chacun accueillir des femmes en détresse PDF la nécessité de faire avec de l’autre, du différent.


Dans les années 1980, des centres d’accueil pour femmes victimes de violences conjugales fleurissent sur le territoire. Chaque institution est marquée par les circonstances de sa naissance et par les hommes et les femmes qui la font vivre, autant du côté des professionnels que des usagers. Ce livre raconte l’histoire d’un lieu, les histoires des femmes qui y sont passées plus ou moins rapidement, qui y ont vécu parfois longtemps : histoires de rencontres, histoires de vie. Isabelle Affolter a créé et dirigé un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale pour femmes victimes de violences conjugales. Elle est maintenant psychanalyste et formatrice de travailleurs sociaux.

Ainsi quand une dispute surgit entre les parents, il peut être vraiment constructif pour l’enfant témoin de la scène de voir qu’elle peut se résoudre par la parole dans le respect de l’autre. L’enfant qui vit cette situation, trouve alors une occasion de faire l’expérience de régler un conflit par la parole. Mais, quand elle relève d’une dynamique de non respect, de disqualification voire de rapport de force, la dispute parentale est préjudiciable à l’enfant. Qu’il s’agisse de coups, d’attitudes ou de mots, l’expérience clinique montre que l’enfant qui vit dans un environnement de violence est en grande souffrance. Exposé malgré lui à un climat de violence « ordinaire », l’enfant intègre un certain mode de résolution du conflit par la loi du plus fort, ce qui risque de le mettre à mal dans ses relations sociales futures, scolaires et professionnelles. Son processus de développement est également fragilisé: en fonction de son âge, du climat général qui l’entoure, il peut vivre certaines tensions comme très violentes et se trouver pris dans des situations face auxquelles il est sans défense.

Embarqué dans cette tension qui monte, différentes « issues » se présentent à lui : soit l’enfant est témoin, tétanisé et hébété, sans résistance, absorbé dans la colère de ses parents. Soit il est partie prenante du conflit, au risque d’en devenir l’objet tout désigné et d’en subir les représailles directes. Dans ces moments, les parents pris dans leur tourmente, occupés par leur conflit se rendent indisponibles pour l’enfant. Or le petit enfant a besoin de pouvoir compter sur ses parents pour trouver de l’apaisement quand il est pris dans un climat qu’il vit comme stressant, violent. L’enfant est alors perdu, « désorganisé » dans ses repères. Ses parents ne lui offrent plus le contenant protecteur qui lui permettrait de faire face à l’évènement.

Le petit enfant peut alors être submergé par une angoisse d’insécurité, par la peur de perdre son univers familial. Toute son énergie est mobilisée par la gestion qu’il a à faire du climat ambiant au détriment de sa construction propre. La répétition d’expériences semblables, sans réparation, peut l’amener à ne pas pouvoir faire face, par la suite, de manière organisée à d’autres expériences de stress susceptibles de mobiliser son système d’attachement. Plus grand, l’enfant pourra être amené à prendre position dans le conflit entre les adultes, rentrant de ce fait dans des alliances illégitimes avec l’un de ses parents, contre l’autre, parfois pour venir en aide ou protéger le parent en difficulté. De telles alliances au sein de la famille sont problématiques.

Elles amènent l’enfant à ne plus pouvoir être dans une communication circulaire entre lui et ses parents et elles le conduisent dans une place où il concentre son énergie et son attention au profit de la régulation du conflit entre ses parents. Différentes études ont souligné que pour que l’enfant puisse se développer au mieux affectivement, il a besoin d’une alliance « suffisamment bonne » de ses deux parents. Ces études montrent que, très précocement, le bébé est sensible aux niveaux de coopération, d’alliance, de plaisir qui animent la relation entre les adultes qui s’occupent de lui. L’échange au sein d’une famille se construit donc bien avant le langage verbal. Historiquement, le focus a d’abord été mis sur la dyade, la parentalité mère-bébé et a beaucoup appris à propos de la relation à deux. L’intérêt s’est ensuite porté sur l’incidence du second parent sur le développement du psychisme de l’enfant. D’autres recherches montrent les effets de ces premières expériences relationnelles triadiques sur les liens sociaux ultérieurs, dressant des liens significatifs entre le climat familial de la première année et le développement de l’enfant vers trois à cinq ans.

Et ceci n’est cependant pas une mince affaire dans le quotidien des familles. Car on sait combien les premiers mois de la vie, voire les deux premières années de vie de l’enfant, mettent à dure épreuve le couple parental. Et pourtant, on peut lire à travers les études qu’un climat chaleureux dans la famille durant la première année de vie de l’enfant contribue de manière significative à favoriser le développement de la sociabilité de l’enfant avec ses pairs à l’école. En revanche, une alliance coparentale hostile pendant la première année peut amener au développement de troubles du comportement.

Le climat au sein même de la famille joue donc un rôle clé dans le développement affectif de l’enfant. La manière dont se déroule la coopération quotidienne entre les parents et leur ajustement à leur enfant demeure fondamentale. Un entretien avec Jean-Paul Matot, pédopsychiatre. Partant du regard de l’enfant, ce spot témoigne de l’effet sur lui de la dispute parentale. En quoi le désaccord parental ouvre l’enfant à la diversité ? Ce texte de Christine Frisch, pédopsychiatre est disponible en librairie.

Il analyse les enjeux psychiques de la conflictualité et de la violence conjugales pour aider les professionnels à en évaluer la portée et l’impact sur l’enfant. Un conjoint violent est-il un mauvais parent ? Disponible en librairie, en Belgique et en France. Cet extrait illustre le point de vue de l’enfant qui, pris dans la tourmente parentale, ne peut trouver les assises relationnnelles et psychiques pour se construire. Affiches « Une vie de chien ?

Au fur et à mesure, de nouvelles affiches sont réalisées dans le cadre de la campagne « Une vie de chien ? Certaines sont composées de plusieurs thématiques, d’autres sont centrées sur une thématique unique. Qu’une séparation parentale soit soudaine ou qu’elle fasse suite à des années de conflits, qu’elle soit consensuelle ou conflictuelle, elle marque toujours une crise. Un déséquilibre survient, le quotidien, les repères que parents et enfants avaient connus jusqu’alors sont bouleversés. Cette phase de décomposition familiale confronte chacun à un panel d’émotions, de difficultés, de questions et tous y réagiront selon leur histoire, leur tempérament, leurs croyances, leurs fragilités. Retrouver un certain équilibre, reconstruire son monde après un tel événement prend du temps, nécessite de la patience et va mobiliser les capacités d’adaptation de chacun.